dimanche 9 janvier 2011

au large du nom vautour

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Princesse de marée basse a rendu ses griffes ;
n’a plus le courage de comprendre ;

n’a plus le cœur à avoir raison.



H e n r i …M i c h a u x ,
…L a …R a l e n t i e .



Pour lui, ce fut comme si cette ataraxie interrompait le crayonné de la noosphère nocturne pour demander l’asile lucide d’un autre contraire. La décantation des jargons, le mystère de l’abstention au moment du retour, puis il se pulvérisa, s’apprivoisant dans une inclination confidentielle sans éclat, s’absentant puis se ranimant à nouveau, captif, inaccessible mais aussi proche, silencieusement proche… L’idéale s’ouvrit alors en lui comme elle s’y était ouverte le jour de sa première éternité.
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assoupissement des soupçons

les soupirs s’enguirlandent à grandes eaux dans la rigole
les corps .accrochés .au lustre .s’envisagent .démasqués
les âmes s’épuisent toutes au grand complexe–


émulsion ciel & feu
éclosion de vertiges extatiques

le point du cœur se desserre au large du nom vautour

l’abolition de nos pesanteurs nous retourne comme un gant à l’envoyeur

vendredi 7 janvier 2011

de la signature des choses

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La liberté..
gît dans les ténèbres, s’oppose à leur convoitise et les saisit avec le concours de la volonté éternelle.; à leur tour les ténèbres veulent saisir la lumière libre mais elles ne peuvent y arriver, car celle-ci s’enferme en elle-même et devient peu à peu une ténèbre.; de la réaction réciproque de ces deux tendances naît, dans l’impression, l’éclair ou principe du feu.; l’angoisse emprisonne la liberté apparue dans l’impression comme un éclair. Mais comme cette liberté est insaisissable, qu’elle est antérieure et extérieure à l’impression, et qu’elle n’a pas de base, son adversaire ne peut la retenir, se rend à elle et laisse engloutir en elle son essence obscure.: par ce mouvement, la liberté règne sur les ténèbres sans être comprise par elles.
〰〰〰〰 Jacob Bœhme 〰〰〰〰
photos ➔ .Vincent le Jardinier
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mercredi 5 janvier 2011

du lisible au visible

Columns on paper Columns on order
 
Certains textes ressemblent parfois à des images et certaines images se construisent ou bien s’abordent comme des textes. Il y va de l’écriture d’un dessin en pattes de mouche mais aussi de la graphie d’un mot, et la frontière est infime.
La langue possède tant de signes qu’elle s’identifie souvent à la multiplicité des images qui nous entourent et que nous produisons. Si la main écrit, c’est l’œil qui parcourt le texte ou l’image en latence.
Au printemps 1991, lorsque la réunion de nos deux pratiques s’est présentée, le lien qui les rassemble s’est peu à peu imposé.
Chez Stéphane Le Mercier, le statut du langage passe aisément de l’objet à l’image pour revenir au texte qui redevient un objet (le livre) qui se feuillette comme des images, chez Didier Petit le geste, si fin soit-il, s’inscrit intensément — on parlera d’un constat et l’importance du titre assimile le choc visuel à celui de la lecture.
Si Ghost writer (2008) du premier écrit un objet d’écriture, c’est surtout pour son silence qu’il nous est offert alors que Columns on paper Columns on order (2008/2010), qui donne son titre à cette exposition, est le parfait exemple de cette ambivalence.: l’œuvre murale s’appréhende sous la forme d’une trace typographique qui une fois disparue, peut-on l’espérer, persistera comme impact rétinien.
Dans Stylites (2009), le second pose devant le regard la trace, encore une fois, mais celle d’une identité intérieure commune et propre à chacun alors que Laboratoire.: endoscopie (L’œil) (2010) projette ce regard vers l’extérieur, comme s’il cherchait à boucler la boucle et nous inviter à nouveau, à pénétrer l'espace pour relire, revoir, regarder et nommer.
Car nommer, c’est ce qui nous relie, tous deux, à l’existant, au temps et à l’espace, ces lieux du lisible au visible et vice-versa.

Stéphane Le Mercier, Didier Petit. novembre 2010

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En 2011, nous vous souhaitons 365.jours de bonheur pour une année même pas bissextile, ce ne serait pas si mal, non.?
http://galeriedutableau.free.fr

mardi 4 janvier 2011

bergers d’amont

photo ☛ Ⓥⓘɳ©ҽɳⓣ Ⓛҽ ʝᴬⓡÐⓘɳⓘҽⓡ


les corps comme vaisseaux
entraperçue clarté traverse la chair
un oeil à chaque doigt
à chaque souffle un ange
à chaque ange sa pitance
la vérité sort de la bouche des enfers
étreinte au tensiomètre
la danse des molécules se mesure à l'univers
des bouquets de comètes giflent la vie en nous
l'éveil est au supplice de l'impasse
l'imposture des pincettes
les reliques du vide
dans chaque main tendue repose une promesse
tout cet espace en un seul germe
nous tous y compris
nous avons assez donné pour nous savoir offerts

dimanche 2 janvier 2011

le déroulement des motifs

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il n’est pas exclu. que les vieilles littératures
entrent rajeunies dans un nouveau cycle créateur

═══════════ SRI AUROBINDO, LA POÉSIE FUTURE ═══════════


╭∞╯
entre deux rouleaux
une pierre sur un mot
l’amour entre les lignes
a posé son fardeau

la mort aux traits tirés
goûte le sang goutte
la nuit s’est retirée
par un chemin de prières

sous la peau parcheminée
l’alchimie est à l’œuvre
sa précipitation
preuves à l’épreuve

à l’appui l’aplomb
des vœux pieux en pluie s’arque
et le pont du même nom
s’étire comme un chat

la chanson des enfants
s’invente par les yeux
frondeuse elle enfante
une pierre sur la langue

mais s’il n’y a plus de vitres
à quoi bon se cogner
aux reflets délavés
roulis de cailloux

entre deux roues l’heure
marque en ciel un point de fuite
le dénouement du temps
découvre ses couleurs