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lundi 11 juillet 2011

qui joue loue

Tout le monde
                     a déjà bu au moins une fois
Dans le verre de quelqu’un d’autre

Absorbé par un monde qui m’absorbe
Enivré dans un monde qui m’enivre
Je bois
À gorge déployée

À pleine et large soif

Je bois aux larmes qui attendent
Sur le rebord de ma fenêtre d’eau claire
La chute pour chuter

Je bois à la larme à l’œil de verre
Qui sans un bruit
Glisse dresse son écume

Je crois je bois aux larmes
De sentir ma joie s’échapper de moi
M’échapper des mains du monde
Glisser et s’échapper vers l’autre qui attend
Vers sa joue qui joue loue le jour attendu espéré

Tout ce qui urge attendra, je bois, je m’enivre
J’ai laissé s’échapper le poème

Je bois ma pleine soif de l’autre


ⓟ н ๏ т ๏    ɱƟŋα ⓣɧƟɱας                               т ⓔ ✖ т ⓔ    ɱαяiεŋ Ğμįŀŀē

jeudi 7 juillet 2011

vivre sous la peau

.Qu’est-ce qu’il y a.
.sous la peau.?.

—.Dis, le ciel, ça se mange.?

Cet enfant m’a posé cette question au bord du chemin, alors que nous avancions doucement vers la mer. Les dunes étaient hautes, le sable dansait au vent comme les cheveux d’une femme que j’aimais.
Cet enfant n’en savait rien.

Des chardons éparpillés sur le sol étaient envahis par des armées de coquilles d’escargots blancs.


—.C’est à partir d’où, ailleurs.?.  Ça commence ici ou bien
il faut avancer encore
.?

Cet enfant n’en savait rien.

Soudain je vis peu à peu s’étendre la plage de sable et la mer se reculer pour laisser place aux vagues. C’était marée basse. Des centaines de pêcheurs en salopette étanche et en botte vert kaki arpentaient le sable mouillé avec leurs filets et leurs épuisettes.


—.Elle va où la mer quand elle recule comme ça.?. 

Cet enfant n’en savait rien.

Le calme plat régnait au bord du large. 

Aucun bruit de bateau, aucun touriste qui crie.

Rien. Il est six heures et les lumières de Saint-Jean-de-Monts s’allument derrière le pont, au loin. Seul le hoquet de quelques bulles énigmatiques pouvait interloquer le sommeil de l’eau.


—.Les vagues, elles avancent tout le temps, elles dorment jamais.?. 
Cet enfant n’en savait rien.

Quelques gouttes de roses ont fané le long des côtes. Les lumières brillent, de plus en plus étincelantes. J’ai presque envie de pleurer, de pleurer de joie, en serrant cet enfant dans mes bras, tellement le soir est beau, tellement la lumière brille, tellement la vie est belle, belle, belle.

—.Y’a quelqu’un qui habite dans la lune.?. 

Demanda-t-il, en levant les yeux et le doigt, intrigué, vers l’astre.

Je ne répondis rien.

Il marmonna :


—.Pourtant je suis sûr qu’il y a quelqu’un qui habite là-haut.! Y’a la lumière qui est allumée.!. 


Je respirais profondément. 

Le silence.

Il n’avait pas besoin qu’on lui réponde. Il trouvait ses certitudes dans la forme que son regard donnait à l’univers, qui était là, sous ses yeux. Il ne pourra pas changer l’univers. Mais je ne voulais surtout pas qu’il change son regard. Il était tellement vrai, il était tellement beau, il était tellement lui.


—.Alors, tu me dis, ou pas.? C’est quand que je serai grand.?. 

Cet enfant n’en savait rien. Moi non plus. Je posai tendrement ma main sur son épaule et il ferma les yeux.

Le ciel est mangé par la mer.; ailleurs commence toujours là où on est.; la mer va se coucher là où la lune l’attend.; les vagues ne dorment plus une fois qu’elles ont quitté la rivière et l’énigme ; la lune brille grâce à toutes les étoiles qui tournent leur lumière vers elle.; peut-être aussi parce qu’elle est tellement belle que notre regard ébloui l’illumine.; et toi, toi, tu seras grand quand tu ne pourras plus voir les choses comme tu les vois ce soir.

Cet enfant n’en savait rien.

Mais qu’en savais-je, moi, lorsque j’étais comme lui.?

Sous la peau, il y a le vrai savoir. Celui qui ne sait rien.




.estampes.  Anne Carpena   
☛
.texte. Marien Guillé  


lundi 4 juillet 2011

« On a beau tourner la page, c’est encore la blancheur. »

 les rencontres avec Dominique Sampiero 
sont organisées par l’association « histoire d’écrire – Pays d’Aix »
en partenariat avec La Cité du Livre – Bibliothèque Méjanes,
L’Université de Provence, la Librairie Goulard
 .
Mardi 5 juillet

11h45-12h12 - Flash Mob’ devant la Cité du Livre, suivi d’un pique-nique tiré du sac dans la Cour Carrée avec Sampiero, pour faire connaissance.

16h-18h - Première approche dans l’espace Adulte.: venez écouter des lectures par les membres de l’association histoire d'écrire et par l’auteur lui-même.

18h30-20h30
- Amphithéâtre de la verrière.: "l’écriture des vies minuscules"
Partons à la découverte de la vie et de l’œuvre de l’auteur, dont l’écriture, bouleversante et lumineuse, est l’une des plus importantes de notre temps.
« Écrire alourdit la légèreté des êtres car elle la rend visible tout à coup. »


Mercredi 6 juillet

10h-12h
- Espace jeunesse - Bibliothèque Méjanes : rencontre pour les enfants et leurs parents, autour de p’tite mère et le jeu des 7 cailloux, livres jeunesse. Dominique Sampiero nous emmène à la rencontre de Lætitia et Larissa, deux héroïnes, deux histoires, deux manières de nous rapprocher un peu plus de la Vie. Suivi d’un atelier créatif pour les enfants.

12h-14h - Pique-nique tiré du sac à la Méjanes.

14h-16h - Amphithéâtre de la verrière
« Il faut un oiseau pour mesurer le ciel », mise en scène de Marien Guillé. La compagnie Trio Grain de Sable vous propose un spectacle poétique, théâtral, musical et mouvementé construit à partir d’extraits de textes de l’auteur, mis en scène pour parcourir ses principaux ouvrages. Suivra une discussion avec l’auteur et l’équipe artistique.
 
16h-18h - Dernières lectures (accompagnées de danse et de musique) dans la Cour Carrée et BUFFET.


Jeudi 7 juillet

12h-14h - Pique-nique tiré du sac à la faculté de lettres, Aix-en-Provence.

14h-17h  - « de la plume à l’écran, du roman au scénario »
Projection Ça commence aujourd’hui de Bertrand Tavernier – discussion avec Dominique Sampiero, scénariste du film. Bibliothèque Universitaire FAC DE LETTRES.

18h-20h - Lecture-Rencontre-Dédicace-buffet, Librairie Goulard, Cours Mirabeau.


Entrée libre à tous les événements.

vendredi 1 juillet 2011

prière à la nature

ⓟ卄☼ⓣ☼ .☛. ɱƟŋα ⓣɧƟɱας
Lorsque j’écoute le bruit du bruit, le bruit mélodieux, le bruit de la musique, semblable à un rugissement féroce qui s’élève pour briser les murs et rendre la liberté aux chaînes enchaînées, déchaînées de l’âme, lorsque tout renaît de mille couleurs en bourgeons de petites peaux, je tends les mains vers la Lumière.

Lorsque la vague fragile descend du ciel et se joint aux clairs de lune, eau claire de la Terre, pour prolonger le jour jusqu’à n’en plus finir, à en suer de sueurs d’amour, à suer des rayons au soleil de la joie, je tends les mains vers la Lumière.

Lorsque les feuilles d’automne tombent des portes-manteaux jaune orangé et glissent sur les chemins dessinés au crayon par le souffle du vent, gommés par la mécanique des Hommes, que le froid tente mais sans jamais résister, je tends les mains vers la Lumière.

Lorsque le grand manteau blanc nous habille de sa tendresse et découvre sa chaleur protectrice en s’ouvrant sur la route que personne ne prend jamais, tracée de rêves, de voix chaudes et de présents à offrir à la nuit tombée, je tends les mains vers la Lumière.

Lorsqu’au seuil des vices, l’ivresse transportée me ramène à la voie du juste, heures graves vêtues d’abnégation, de chair, d’altruisme à l’ego, pour rythmer les saisons au pas parfois si monotone, je tends les mains vers la Lumière.

Ô Vie,  Ô Nature
Prière gorgée de tendresse
Prend mes mains qui s’ouvrent à toi
Et régale-moi de Lumière !


  .ɱαяiεŋ.
☞  Ğμįŀŀē 
ⓟ н ๏ т ๏  .☛. Ⓥⓘɳ©ҽɳⓣ Ⓛҽ ʝᴬⓡÐⓘɳⓘҽⓡ

jeudi 9 juin 2011

connaissance par les chemins

  
 ⓟ н ๏ т ๏    ɱƟŋα ⓣɧƟɱας                      т ⓔ ✖ т ⓔ    ɱαяiεŋ & ʝεαŋ



mon être dans les arbres 
égaré au profond de ton jardin
parfois oublie la feuille


son rire jour après jour
vous raconte une poignée
d’étoiles languissantes