Affichage des articles dont le libellé est Koichiro Tsujikawa. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Koichiro Tsujikawa. Afficher tous les articles

samedi 13 novembre 2021

dérive des rives


 
sur le rebord du monde 
l’espoir se penche  
et tombe 

La Flor


     à vol d’oiseau les ombres se posent
       de l’autre côté de la mer

         le ciel s’époumone à rendre l’âme



       nos visions se meuvent 
       au beau milieu des clairières de la jeunesse
       où les rumeurs fleurissent en confidences
       pour envisager des étoiles mélomanes
       avançant masquées
       au cœur des consciences virtuelles
       cernées par la mer







 et plus la nuit
              devient noire
         plus les étoiles
                    sont belles
 jusqu’à ce que la mer
                          s’ouvre

mardi 17 novembre 2015

retenu par ailleurs (l’être en poste restant)



C’est cela au fond des corps — tous les corps —, cette première vibration qui a enroulé la vie dans des formes et des formes, qui s’est encroûtée, durcie, schématisée, mais on casse un peu ou on gratte un peu l’habitude, et c’est là. C’est là instantanément, c’est l’être de ce qui bouge, de ce qui dort, de ce qui mange et tue et oublie, oublie tellement ce qu’il est. En chaque chose, il y a cette Vibration lumineuse, dorée, impérative — qui est nécessairement toute-puissante.  
Alors nous avons la clef du nouveau corps, parce que c’est la clef de tous les corps jamais fabriqués sur cette planète. C’est la Matière première du monde, la vraie Matière. 
Une sorte d’onde très particulière.
Satprem, Mère — La Mutation de la Mort


Il ne fait pas bon être dinosaure en ces temps qui courent. Il ne fait pas bon courir en ces temps qui se précipitent à leur fin. Il ne fait pas bon mourir comme qui dirait courir et plutôt que pourrir sur place pourquoi ne pas perdre la face en plein vol comme coupé l’élan par le faux la faux la faucheuse et son cortège de pleureuses. Il ne fait pas bon vivre parmi ceux qui se meurent. Il ne fait pas bon être à temps à point nommé à corps perdu temps mort. Il ne fait décidément pas bon être dinosaure.

Encombré de vieux os fossiles ton squelette au cul de basse-fosse. Laisse-le donc là. Dépouille-toi de ta dépouille et rejoins-toi tel que tu te vois. Il ne fait pas bon être autre que tel que te voilà.

Te voilà donc nu. Délesté de chair de nerfs muscles et os en poussière quelques organes subsistent. Orgie de lumière en tes organes. Tu es l’organe de la lumière. C’est la lumière qui t’organise te recompose en d’autres gammes. Tu joues le jeu de cette lumière. Tu jouis le jour à déshabiller la nuit qui te compose. C’est la lumière qui te déjoue. Et tu t’y perds. Tu es l’orgasme de la lumière. Tu erres en d’autres gammes, tu ruses un peu encore, parfois t’amuses, souvent t’oublies. Tu t’y retrouves toujours mais tu ne sais pas qui. Ou quoi. Ça te dépasse. Ça te dépasse et ça t’appelle. Alors tu vas, tu te laisses là, tu t’abandonnes. Mais tu t’y retrouves toujours.




Le silence ne s’écrit pas. Il est une musique qui t’accompagne depuis toujours alors c’est toi qui l’accompagnes en lui prêtant l’oreille à te fermer les yeux. Tu es né du silence depuis toujours et pourtant tu l’entends. Depuis la nuit, avant même la nuit. C’est une musique qui te précède en te poussant à l’exécuter de la meilleure façon qui soit. En exécutant cette musique tu t’exécutes. Et c’est alors que tu réalises que cette musique — le silence — n’avait pas besoin de toi pour exister depuis toujours. Mais il t’a fallu réaliser cela, en passer par cette musique, pour te comprendre. Comprendre que tu étais compris par cette musique et dans cette musique pour embrasser le silence qui te comprend depuis toujours. Ta partition est vierge. Les mouvements du silence épousent des accords invisibles. Parfois, ils prennent forme. Une partition coïncide avec une autre partition. On les dirait identiques. Après le silence, avant le silence, elles fusionnent. De là naît une musique inédite. L’inconnu confine au sublime. Tu es tout à l’écoute. Et tu goûtes à un nouveau silence. Il n’y a plus de partition, plus aucune musique, l’idée de silence a tout bonnement disparu. Tu ouvres les yeux.

samedi 6 novembre 2010

les tables tournantes de la maison entêtée

.
avoir enfin ________________________
à portée de la main _________
révélé par on ne sait qui _____________

ce qu’on croyait enfoui dans une nuit


.
ah
_______________________
cette marche dans l’ombre _
la plus émouvante qui soit _ _

et sans voir découvrir_______________
qui ose ________________________
à ce prix la récompense
_________

la savourer dans l’ivresse
____________
en attendant la joie__________

Pierre-André Benoît, Tête de clou.







les rites hypnotiques érotisent l’arithmétique
des beats per minute volés au temps rythmique

la pigne de pin enflamméeaiguille la spirale sillonnée
la beauté pinéale temporise d’un baiser le tempo de la paume


un coup oui deux coups non
pour un oui pour un nom


TOI TOI TOI
AIMER . . AIMER . . AIMER


que ton oui soit un oui
que mon nom soit ton nom


que ton soi soit à lui ou à moi il n’en est pas question

(qui s’excuserait d’aimer ?)

le chapelier darling en sa suite sixtine fait la nique au jugement dernier

platinoïde ductile

la noblesse
atomise sa particule de transition

et ses soixante-dix-huit tours en maison de passe-passe


redressent la table des matières
à l’infini

jusqu’à l’avortement de l’ombre

son cortège de
fœtus fétus dénués de toute renommée

embrase la terre noire affranchie du remords

elle se livre à la toute fin des entrelignes de fuite



l’eau de feu lave love follet


le serpent se l’accorde au cou du présent réfractaire à toute représentation

pour remonter la course contre la montre qu’il annule en ses anneaux

la diffraction de nos aspirations lustrales

se déroule à la cadence d’une ronde de pierres tombales




(((( directed by Koichiro Tsujikawa, music by Cornelius from the album “Sensuous” ))))



colchique giroflée entre les deux mon cœur balance

la carmagnole pomme d’à-pic décapite le dépit

la tête de mort au bout d’une pique

l’épée dans le fourreau de vie

un coup dans l’ouïe roucoule nom
de l’opinion tranchée au faisceau d’épreuves

l’extraterrestre a démarqué

ⓟ卄☼ⓣ☼ʂ Ⓥⓘɳ©ҽɳⓣ Ⓛҽ ʝᴬⓡÐⓘɳⓘҽⓡ

mercredi 3 novembre 2010

la poétique de l’autruche

.
elle m’est venue embaumée et repartie encens
sa fierté lui tenait lieu de conscience

le grain de sa peau est le noyau du soleil prenant corps en pleine nuit
quand la lueur des étoiles a raison de tous les éclats d’abus

la sibylle labiale aux syllabes labiles m’a descellé la bouche
avouées mes lèvres à son cou la vie

sur la pointe des pieds les anges nous ont épiés par un trou du décor
les nyctaginacées hululaient dans le gynécée d’un cantaloup tranché

ce qui était caché n’a plus sa saison d’être
et perdu la raison d’avoir été automne

l’autonomie vers qui chante et ne méchante plus
mais qui enchante qui l’entend






directed by Koichiro Tsujikawa, music by Cornelius from the album “Sensuous”


jeudi 19 août 2010

garder le silence

.
Tout est affaire de silence.
Vous vous y ferez, les mots c’est encore de la révolte
Quand celle-ci est dominée vous n’avez plus besoin de l’escorte
Du vocabulaire rampant
Et cependant
Le ciel est là qui cherche ses montagnes,
Et les monts cherchent la vallée,
La vallée près d’être en allée
Se ranime dans la campagne
Et devient à son tour montagne.
Le ciel cherche d’autres vallées.

Jules Supervielle,
Quelqu’un.








à son aigle chacun se sera reconnu
s’enluminera éponge
dans les nuées du dénuement le plus total
non arbitraire mais volubile
avec la fille de l’air par l’onde accomplie

car la victoire s’impose d’elle-même
sans fierté aucune
reliquaire de ses saints innocents
auxquels l’amour naguère tant pleuré
donne la becquée
des petits bouts de Madeleine
déjà envolée
par une porte dérobée

une rose a éclos depuis la fin d’un temps
la sécheresse n’a plus cours dans le lac de fortune
chaque onde est un délice
et la trame s’apaise et le drame s’épuise
nous tenons tous d’Alice la clé des lys

dimanche 4 juillet 2010

l’an rêve dû des corps

.
Comme la magie, la poésie est noire ou blanche,
selon qu’elle sert le sous-humain ou le surhumain.

RENÉ DAUMAL
c’est donc don
ange de la vie
p e r s é c u t i o n
moment tu en eux
le non
le bon nombre tire le membre

le rire bas jouit

courage
demeure fidèle au bon nombre
ensuite cher trou amen

née entière  
ombre première
annonce la terre
elle
décide alors


viens lien : Fit Song version typoésie animée par David Ricart 

un don
il aide
ère en don
en l’aire de sa prison
en ce temps un membre

épée épée épée de Jean

il arrête la fête de sa prison et il garde la pierre dans la prison
mais le membre de l’ardeur point ligoté et porte la prison
un ange a lu en lumièreange au réveil

Ève de ses mains
l’ange ceinture et l’ange met ton eau et sort de la prison l’ange
ange réel

vision de garde






la porte donne sur la porte elle-même
et l’ange compte bien voir la maison de Jean
nommé uni
entré et nommé nu
la voix joyeuse à l’intérieur de son ange porte le signe hors de la prison
_il annonce le jour nu

le trou en ce temps mort

le don

en accord présent





texte : jean-bernard thomas
musique vidéos : cornelius

vendredi 4 juin 2010

œil pour œil pour œil pour œil

.




c’est que nous avons confiance en appel
mes corbeilles portées
appel aux corbeilles portées
je vous dis de garder l’enseigne
et le sujet de l’homme Jean autre que tu es
autre encore que tu es
un autre qui dit je suis
vivant
heureux
Jean un être révélé dans cette pierre
elle pour elle
je donne les clés que tu cueilleras dans le don

personne qu’il était
mort de ce moment ouvert
que souffre la part de mort
le jour en vie
alors le garde arrive et dit
tu es un être en vie qui trouvera le monde en vie
pour don pour vie
avec anges selon façon
la vérité ici de l’homme venir
la transfiguration de lui
seul

de leur yeux brille le soleil blanc
la lumière vire et se dresse pour un nuage
nuage tendre bien-aimé
joie telle en visage
alors les yeux virent les morts
puis le nu
nu voulu
leur parla de Jean
un enfant en esprit

vent feu eau
j’ai mené le temps en vous
temps de l’enfant
esprit de l’enfant même
alors cet esprit déclare la vérité
comme un grain déplace la mort
que les mains de la vie percevaient
et la maison rit
parole en pot

axe de ce monde
ange en ligne
l’eau ouvre la bouche d’argent
et rend notre enfant au milieu de la vérité
ange enfant
entre et vient cet enfant
un enfant par amour dans le petit de la mer
entraîne la cause de ta tombe

la vraie vie avec les mains
le feu de ton œil
la vraie vie avec les yeux dans le feu
un ange en elle
présence de l’homme nu
la recherche est joie pour le neuf qui est avec toi
l’écriture a réglé l’écoute
l’écoute sidère

la terre accueille le ciel
la terre s’accorde le don
qui refuse de donner se rend compte de sa dette
sa dette en service l’étouffe à terme
patience envers l’autre bien

sa dette profonde annule ta colère
sa dette traite un don de son cœur
le divorce a achevé la partie malade
un piège pour elle
l’écriture commence par donner une lettre à sa voie

le cœur commence par accepter différentes raisons
qui empêchent de se marier autres
marier des enfants proches
ne les empêche pas de faire ce qui est bon
la vie répond

quelqu’un aime le don
l’aura de ce bien est la vérité en vous
une aiguille entre dans ces mots
et le regard est parole
écoute pour nous
la vérité trône dans le nouveau vous
les maisons ont part à la vie maintenant
main tenant

la vigne semble engager le jour à la place du soir
le jour engagé va dans le soir et le soir fut d’argent
engagé le jour brûlant
un ami venu

ce jour est don
don de toi
pas de jaloux
une mort se rend
écoute
la mort se moque de la mort
la vie demande Jean
alors la femme le désire
elle lui promet sa coupe préparée

quand le digne appel commande le grand pouvoir
la passe vous veut en vie
au bord du cri proche
se taisent nos yeux




texte Jean-Bernard Thomas
vidéo Koichiro Tsujikawa musique Cornelius



samedi 9 janvier 2010

langue ange lu

.
écrit pour elle :
L. (avec les ailes)


éclosion de nuages

ton désir chemine entre les cailloux


ta chaleur me mène je ne sais où


empruntons la passerelle surplombant notre voie


à l'aplomb de l'humide le sexe est roi


tu t'appliques à la lettre c'est ta langue


c'est ma langue qui t'y engage


je t'inonde et le monde évolue autour de tes épaules


mais la tête te tourne folle sous l'alphabet du ciel


tu es reine tu éreintes les derniers assauts doux


tu te piétines l'échine et tu crois que c'est moi


seulement laisse-moi regarde tourner une nouvelle page


elle est vierge comme toi tu ne l'as jamais su


elle est blanche comme toi je t'ai bien vue


elle est digne comme toi d'accueillir tous mes signes


et de s'inscrire en eux comme tu me révèles en toi


comme je te rêve elle en toi


comme je te rêve élan toi


qu'homme je te sers ma sève


et te renverse et te traverse


empruntons la passerelle surplombant notre voie