C’est cela au fond des corps — tous les corps —, cette première vibration qui a enroulé la vie dans des formes et des formes, qui s’est encroûtée, durcie, schématisée, mais on casse un peu ou on gratte un peu l’habitude, et c’est là. C’est là instantanément, c’est l’être de ce qui bouge, de ce qui dort, de ce qui mange et tue et oublie, oublie tellement ce qu’il est. En chaque chose, il y a cette Vibration lumineuse, dorée, impérative — qui est nécessairement toute-puissante.
Alors nous avons la clef du nouveau corps, parce que c’est la clef de tous les corps jamais fabriqués sur cette planète. C’est la Matière première du monde, la vraie Matière.
Une sorte d’onde très particulière.
Satprem, Mère — La Mutation de la Mort.
Il ne fait pas bon être dinosaure en ces temps qui courent. Il ne fait pas bon courir en ces temps qui se précipitent à leur fin. Il ne fait pas bon mourir comme qui dirait courir et plutôt que pourrir sur place pourquoi ne pas perdre la face en plein vol comme coupé l’élan par le faux la faux la faucheuse et son cortège de pleureuses. Il ne fait pas bon vivre parmi ceux qui se meurent. Il ne fait pas bon être à temps à point nommé à corps perdu temps mort. Il ne fait décidément pas bon être dinosaure.
Encombré de vieux os fossiles ton squelette au cul de basse-fosse. Laisse-le donc là. Dépouille-toi de ta dépouille et rejoins-toi tel que tu te vois. Il ne fait pas bon être autre que tel que te voilà.
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Te voilà donc nu. Délesté de chair de nerfs muscles et os en poussière quelques organes subsistent. Orgie de lumière en tes organes. Tu es l’organe de la lumière. C’est la lumière qui t’organise te recompose en d’autres gammes. Tu joues le jeu de cette lumière. Tu jouis le jour à déshabiller la nuit qui te compose. C’est la lumière qui te déjoue. Et tu t’y perds. Tu es l’orgasme de la lumière. Tu erres en d’autres gammes, tu ruses un peu encore, parfois t’amuses, souvent t’oublies. Tu t’y retrouves toujours mais tu ne sais pas qui. Ou quoi. Ça te dépasse. Ça te dépasse et ça t’appelle. Alors tu vas, tu te laisses là, tu t’abandonnes. Mais tu t’y retrouves toujours.
Le silence ne s’écrit pas. Il est une musique qui t’accompagne depuis toujours alors c’est toi qui l’accompagnes en lui prêtant l’oreille à te fermer les yeux. Tu es né du silence depuis toujours et pourtant tu l’entends. Depuis la nuit, avant même la nuit. C’est une musique qui te précède en te poussant à l’exécuter de la meilleure façon qui soit. En exécutant cette musique tu t’exécutes. Et c’est alors que tu réalises que cette musique — le silence — n’avait pas besoin de toi pour exister depuis toujours. Mais il t’a fallu réaliser cela, en passer par cette musique, pour te comprendre. Comprendre que tu étais compris par cette musique et dans cette musique pour embrasser le silence qui te comprend depuis toujours. Ta partition est vierge. Les mouvements du silence épousent des accords invisibles. Parfois, ils prennent forme. Une partition coïncide avec une autre partition. On les dirait identiques. Après le silence, avant le silence, elles fusionnent. De là naît une musique inédite. L’inconnu confine au sublime. Tu es tout à l’écoute. Et tu goûtes à un nouveau silence. Il n’y a plus de partition, plus aucune musique, l’idée de silence a tout bonnement disparu. Tu ouvres les yeux.
à portée de la main _________ révélé par on ne sait qui _____________
ce qu’on croyait enfoui dans une nuit
. ah_______________________
cette marche dans l’ombre _
la plus émouvante qui soit__
et sans voir découvrir_______________
qui ose ________________________ à ce prix la récompense_________
la savourer dans l’ivresse____________ en attendant la joie__________
Pierre-André Benoît, Tête de clou.
les rites hypnotiques érotisent l’arithmétique des beats per minute volés au temps rythmique la pigne de pin enflamméeaiguille la spirale sillonnée la beauté pinéale temporise d’un baiser le tempo de la paume
un coup oui deux coups nonpour un oui pour un nom
TOI TOI TOI AIMER . .AIMER . . AIMER
que ton oui soit un oui que mon nom soit ton nom
que ton soi soit à lui ou à moi il n’en est pas question
(qui s’excuserait d’aimer ?)
le chapelier darling en sa suite sixtine fait la nique au jugement dernier
platinoïde ductile
la noblesse atomise sa particule de transition
et ses soixante-dix-huit tours en maison de passe-passe
redressent la table des matières à l’infini
jusqu’à l’avortement de l’ombre
son cortège de fœtus fétus dénués de toute renommée
embrase la terre noire affranchie du remords
elle se livre à la toute fin des entrelignes de fuite
l’eau de feu lave love follet
le serpent se l’accorde au cou du présent réfractaire à toute représentation
pour remonter la course contre la montre qu’il annule en ses anneaux
la diffraction de nos aspirations lustrales
se déroule à la cadence d’une ronde de pierres tombales
. Tout est affaire de silence. Vous vous y ferez, les mots c’est encore de la révolte Quand celle-ci est dominée vous n’avez plus besoin de l’escorte Du vocabulaire rampant Et cependant Le ciel est là qui cherche ses montagnes, Et les monts cherchent la vallée, La vallée près d’être en allée Se ranime dans la campagne Et devient à son tour montagne. Le ciel cherche d’autres vallées. Jules Supervielle, Quelqu’un.
à son aigle chacun se sera reconnu s’enluminera éponge dans les nuées du dénuement le plus total non arbitraire mais volubile avec la fille de l’air par l’onde accomplie
car la victoire s’impose d’elle-même sans fierté aucune reliquaire de ses saints innocents auxquels l’amour naguère tant pleuré donne la becquée des petits bouts de Madeleine déjà envolée par une porte dérobée
une rose a éclos depuis la fin d’un temps la sécheresse n’a plus cours dans le lac de fortune chaque onde est un délice et la trame s’apaise et le drame s’épuise nous tenons tous d’Alice la clé des lys
c’est que nous avons confiance en appel mes corbeilles portées appel aux corbeilles portées je vous dis de garder l’enseigne et le sujet de l’homme Jean autre que tu es autre encore que tu es un autre qui dit je suis vivant heureux Jean un être révélé dans cette pierre elle pour elle je donne les clés que tu cueilleras dans le don
personne qu’il était mort de ce moment ouvert que souffre la part de mort le jour en vie alors le garde arrive et dit tu es un être en vie qui trouvera le monde en vie pour don pour vie avec anges selon façon la vérité ici de l’homme venir la transfiguration de lui seul
de leur yeux brille le soleil blanc la lumière vire et se dresse pour un nuage nuage tendre bien-aimé joie telle en visage alors les yeux virent les morts puis le nu nu voulu leur parla de Jean un enfant en esprit
vent feu eau j’ai mené le temps en vous temps de l’enfant esprit de l’enfant même alors cet esprit déclare la vérité comme un grain déplace la mort que les mains de la vie percevaient et la maison rit parole en pot
axe de ce monde ange en ligne l’eau ouvre la bouche d’argent et rend notre enfant au milieu de la vérité ange enfant entre et vient cet enfant un enfant par amour dans le petit de la mer entraîne la cause de ta tombe
la vraie vie avec les mains le feu de ton œil la vraie vie avec les yeux dans le feu un ange en elle présence de l’homme nu la recherche est joie pour le neuf qui est avec toi l’écriture a réglé l’écoute l’écoute sidère
la terre accueille le ciel la terre s’accorde le don qui refuse de donner se rend compte de sa dette sa dette en service l’étouffe à terme patience envers l’autre bien
sa dette profonde annule ta colère sa dette traite un don de son cœur le divorce a achevé la partie malade un piège pour elle l’écriture commence par donner une lettre à sa voie
le cœur commence par accepter différentes raisons qui empêchent de se marier autres marier des enfants proches ne les empêche pas de faire ce qui est bon la vie répond
quelqu’un aime le don l’aura de ce bien est la vérité en vous une aiguille entre dans ces mots et le regard est parole écoute pour nous la vérité trône dans le nouveau vous les maisons ont part à la vie maintenant main tenant
la vigne semble engager le jour à la place du soir le jour engagé va dans le soir et le soir fut d’argent engagé le jour brûlant un ami venu
ce jour est don don de toi pas de jaloux une mort se rend écoute la mort se moque de la mort la vie demande Jean alors la femme le désire elle lui promet sa coupe préparée
quand le digne appel commande le grand pouvoir la passe vous veut en vie au bord du cri proche se taisent nos yeux
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