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dimanche 13 mars 2011

à l’échelle du chemin


il aura fallu manger la terre noire
qu’elle nous ouvre ses veines
et rouge nous recouvre au cœur de ses muscles
pour tirer de sa langue bleue une fontaine de cristal
sous les giboulées du merveilleux giflant les violettes
gardées par un cheval blanc terriblement amoureux
qui veille
du coin de l’œil
entre lauriers et clémence
sur le fil de la providence
tendu entre deux bornes marquées 666

ce fut une fête
où les geishas n’aguichaient pas
simplement sereines de voir leurs doigts fleurir
d’une cadence sentimentale
et les hommes passaient tout doucement
ivres des perles à leur cou
qui leur étaient sorties de la bouche
et qu’ils n’osaient pas leur reprendre
de peur de les abîmer

encore une fois il aura fallu ouvrir le ciel
et décorner le bœuf pour en extraire le delta
le retourner comme on retourne dans sa tente
une fois la fête terminée
tous feux éteints
lorsque la vérité ne s’embarrasse plus de rien
sinon que d’aimer
avec tout l’art de savoir embrasser
les yeux fermés




  

 
.estampes.:.








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jeudi 10 mars 2011

plus tard

╰→ Bernard Remusat “Totem” (15 X 21 cm).
thème du mot
totem de Thot
tête de linotte
tôt t'aime jamais trop 

mots en bateau
au fil de l'autre
t'aiment émaux
jamais trop tard pour aimer trop

tomes de mots
mets en colonne
belle litote
thaumaturge jamais trop 

mange-moi croque
dame mitonne
donne mitaine
c'est du gâteau

thème du mot
motte de terre
mer en bateau
hôte de Thot

vogue le flux
vagues les flots
à notre influx
issue de nos propres mots

lundi 7 mars 2011

(:M:)estampe psychose en trois mouvements



  cri primal
de la pierre à fendre les vitres
coutures des cadres mal ajustés
ratures décalquées

le plan se déplace par petites touches fantômes 
__________________________________________________
  une silhouette se dessine à contre-jour    ____________________




hybride 
esquisse 
de fouillis



champs se permutent prolifèrent s’épuisent


faisceau duel cristallisé
  〓
du sarcophage de
son cadavre cortical
l’issue 
donne
sève vie 
& chair



estampes : Bernard Remusat


vendredi 4 mars 2011

salive cérémoniale


 Longtemps muets, nous contemplâmes
Le ciel où s’éteignait le jour.
Que se passait-il dans nos âmes ?
Amour ! amour !
 
Victor Hugo, Les Contemplations. 



si la fourrure du tonnerre nous bénissait encore jusqu’à l’âme nous nous donnerions à nouveau et notre poitrine dévorante flamboierait et si nos bras se rappelaient tenir une impression profonde nous luirions dans les années d’une réalité révélatrice 


ayant monté nous vîmes des maisons sur traîneaux et aussitôt la honte inclinait les visages qui s’en rêvèrent vers leurs gorges et les jambes d’un tableau que nous gardions comme repas vinrent en même temps et nous fûmes peints par-dessus le courant tel un rideau de jour


la solution se porta silencieuse et sauva la chemise des grèves suppliées dans le dessin et tandis que toute pente descendue se ramassait une femme effraya son enfant en continuant ce qu’il avait sculpté


alors une image passa un coquillage de bouche sur sa robe et baigna l’idée suprême


⎾⏇⏇⏋

estampes : Bernard Remusat

⎿⏈⏈⏌

mercredi 2 mars 2011

ivre sa vie



 
 cuirassée carapace de chair diagone
 

lance l’issue de son signe hors de l’attente
 

son envol respire
 

érode les angles morts


rouge terre irrigue la vie




elle souffre
elle s’ouvre
elle s’oeuvre
se montre béante
plaie pour plaire
léchée pour et par

 le soleil
il l’aime
 
elle n’a rien vu
il l’aime de plus belle
elle n’en croit plus rien 
elle souffre elle s’offre 
elle s’abandonne
elle se déploie la terre 

jusque dans ses yeux
jusque dans la bouche et les organes 

du soleil
elle s’y invite et s’y invente
elle s’y protège
elle nourrit son feu
arachnoïde fruit de ses dévorations
elle livre sa vie au disque solaire
ivre sa vie elle s’y confond
 
 

la terre et le soleil ne se font plus d’ombre
ils se mangent
décapsulent les convenances

les éventent les éventrent
en inventent de nouvelles
et restituent les vivres jalousement gardées
aux enfants des hommes qui avaient tellement peur
qu’ils en oubliaient de partager
passant leur temps à se le reprocher
de l’un à l’autre jusqu’en leur propre creux
╔ES═TA═MP═ES╝
╚═►.BERNARD REMUSAT.

lundi 28 février 2011

jamais liens sans l’autre


vertige éboulis la grêle frêle arithmétique de cœurs fléchés les sentiers du songe s’emberlificotent dans leurs bas-côtés vestige aboli crécerelle indigne d’un insigne honneur lui fit horreur éclipse avouée à l’occulte lumière désastre fragments de sueur la mort en partage suaire de la peur photosynthétique les glyphes de leurs nuits n’ont retenu que l’ombre de la lumière du monde segments fossiles de courtes vues épitaphes de l’ultime bévue les pleureuses ont pour coutume d’aimer leur métier  tourbe brûle éventre sa terre noire moirée de risées irisées l’alchimie d’un cygne parle acheminée troubles inventés n’ont pour raison que de se désister signaux de fumée panoplie de signes calcinée brasier de soleils au cœur raturé par la pointe rouge énamourée des bons baisers du ciel le plan indique un rendez-vous déjà dépassé l’embrasure d’une portée déjoue les mélos se joue détour mélodique jeté halo le présent abdique l’opportunité d’un passé ressassé avant d’accéder à sa verticalité la rythmique des cœurs fléchés défibrille la grille de l’aube et s’adonne au  vertige
.estampes : Bernard Remusat.

dimanche 27 février 2011

interactions croisées


terre à ciel couvert les murs s’évanouissent dans la nature
s’effondrent en poussières au fil de ton tempo
la peau de ton tam-tam étouffe l’étoupe de nos drames
au cœur de tes racines tu palpes les pulsions
nos pulsations y puisent les cornes de leur brume
qui font valser les anges et jacasser les pies
signant nos trajectoires à la surface de l’eau d’un puits


  

  

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.estampes.:.

mardi 1 février 2011

le phantasme de la secrète aire

.




la roue cosmique dévore ses propres enfants
pour les rendre au ciel aussi purs éclats qu’ils furent
érigés en totems monolithiques


ils s’épanchent sur nos vœux comme autour d’un feu
nos instincts crépitent dans ce brasier de mort
qu’est la vie et le jus et la lie

enfants incantatoires de la strophe démise
de plain-pied dans l’obscure venelle
assouvie de sève à jamais sevrée

enfants des murs aux prises avec le firmament
enfants aux fenêtres de leur ouragan
enfants entoilés d’une trame à bondir

l’estompe de tous les cris
nichés dans le tympan du temps
déroule ses filets où les regards s’impriment

si la matrice est grave son œuvre est à l’instance
les pierres sont nos supports
les enfants s’en vont dormir au cap blanc






.peintures : Bernard Remusat.