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vendredi 24 mars 2017

corps espace courbe


 Après l’espace et le temps 
 Il faut aussi courber les nombres, 
 Comme on se couche pour mourir. 

Roger Notoire (2330-2431), cité par René Daumal 
(Quelques poètes français du XXVe siècle). 




encore un millimètre 
jusqu’au dernier rayon de soleil 


                                                                                           


une éternité annoncée
à la vitesse
de la lumière
entre le doigt
tendu
de toute son âme
et la force immanente
du désir
vibrant immergé
en lui-même























à féconder des mondes
inimaginables
qui le poussent en avant
à s’autoproclamer
souverain de ses actes
souverain de l’espace
souverain de son vide
souverain dans sa chute 
souverain de l’oubli
souverain de sa clameur 
abreuvée de silence
éperdument irradié
sous l’écran des yeux clos animés de réflexes
qui ne demandent qu’à voir
enroulé dans son souffle 
sur le point de bondir au diapason du fauve 
qui le monte au sommet
à la pointe intangible de son origine
vers l’ouvert qui l’opèr
pour une renaissance









encore un millimètre
jusqu’au dernier rayon de son devenir
et le retour au centre depuis l’antimatière
au revers du soleil
à rêver de son ombre
principe d’étincelle
précipité d’éclipse
désastre retourné en acte créateur
d’un pacte informel
formule insoupçonnée
des structures modifiées
courbées par le miroir
du temps métamorphosé
osant l’observation
de son anamorphose
espaces réfutés
légèreté légitime




la traversée des corps s’imprime avec le geste
qui les redéfinit dans leur simplicité


 


  ════════════════  
texte & photos ► Jean Bernard Thomas  

mardi 2 novembre 2010

amont amour

.
(DE TELLES CONJONCTIONS, SI INCONGRUES QU'ELLES PUISSENT PARAÎTRE,
SONT POUR BEAUCOUP DANS LA GENÈSE DE CE QUE L'ON APPELLE VULGAIREMENT POÉSIE.;
JE LIVRE CETTE REMARQUE, À TITRE DE SUGGESTION, AUX CRITIQUES ET AUX ESTHÉTICIENS
QUI S'EFFORCENT D'ÉCLAIRER LES DESSOUS DE CETTE MYSTÉRIEUSE SORTE DE LANGAGE.)

RENÉ DAUMAL, “LE MONT ANALOGUE”.




depuis la moraine obsidienne
une mésange infiltrée par la rimaie
devint morganite à pic
absinthe victoire du névé

l’enveloppe effacée à l’abri des embruns prudence son éveil

assoupie la parole en épingle échevelée
l’aptitude s’envisage une aubaine

les éboueurs de moues tombent le masque des regrets
à grandes pelletées de belles idées euclidiennes élucidées

la table est rase dans les tons roses
et le puits de l’étape en fin stratège fustige les charges de l’inculte
tombant par poignées de main dans une optique d’équilibre
sertie au sein de ton étoile au front



ⓟ卄☼ⓣ☼ʂ Ⓥⓘɳ©ҽɳⓣ Ⓛҽ ʝᴬⓡÐⓘɳⓘҽⓡ
peinture : Miss.Tic
sculpture : Igor Mitoraj


dimanche 4 juillet 2010

l’an rêve dû des corps

.
Comme la magie, la poésie est noire ou blanche,
selon qu’elle sert le sous-humain ou le surhumain.

RENÉ DAUMAL
c’est donc don
ange de la vie
p e r s é c u t i o n
moment tu en eux
le non
le bon nombre tire le membre

le rire bas jouit

courage
demeure fidèle au bon nombre
ensuite cher trou amen

née entière  
ombre première
annonce la terre
elle
décide alors


viens lien : Fit Song version typoésie animée par David Ricart 

un don
il aide
ère en don
en l’aire de sa prison
en ce temps un membre

épée épée épée de Jean

il arrête la fête de sa prison et il garde la pierre dans la prison
mais le membre de l’ardeur point ligoté et porte la prison
un ange a lu en lumièreange au réveil

Ève de ses mains
l’ange ceinture et l’ange met ton eau et sort de la prison l’ange
ange réel

vision de garde






la porte donne sur la porte elle-même
et l’ange compte bien voir la maison de Jean
nommé uni
entré et nommé nu
la voix joyeuse à l’intérieur de son ange porte le signe hors de la prison
_il annonce le jour nu

le trou en ce temps mort

le don

en accord présent





texte : jean-bernard thomas
musique vidéos : cornelius

mercredi 13 janvier 2010

corset✩leste


__
Il n'y a dans tout cela que des mystères

ou des erreurs ; où les uns finissent,
les autres commencent.

René Daumal,
Le Mont analogue
.




Ô
Eh !
T O I
L A I T
d’une voie
l’acte est l’
É T A G E_“C”
leste et musical qui mène os-fer mais l’eau dit que :
tout coule de source, tout baigne, tout saigne,
tout l’H2O du monde bu mue et meut les mo-
lécules_les
_culs_les_cols_les_cales
les coulàpic les colophons.
Tout corps plongé dans un lit
QUID flotte ou se noie à quoi ?
lesté qu’il est poisson poids-sang
L’HÉMO
_aime_l’O_flaque écarlate
en rêve, en
____________éclatée luit
crève puis
________________aux Cieux
s’évapo
_____________________de mes
re de
_________________________en-nu
la P
______________________________its
O
___________________________________.


lundi 11 janvier 2010

éclaboussures, ombres emmitouflées

___
___
Visible, nous le verrions, le poète ; voyant, il nous verrait ;
et nous pâlirions dans nos pauvres ombres,

nous lui en voudrions d'être si réel,

nous les malingres, nous les gênés,

nous les tout-chose.


RENÉ DAUMAL




C'est l'heure où les yeux finissent d'éclore aux promesses du jour. On s'accroche du regard avec le vague espoir d'une déviation dans la ligne de mire, mais sans trop y croire. On reste emmitouflé. On est préservé de son propre désir. On court à sa perte parce qu'il le faut bien. Cela fait belle lurette que l'on a condamné l'enfant à rester au piquet. Le jour de l'échappée, le loup se fera un plaisir de le croquer. Dès lors, la porte du bercail restera close sur les souvenirs — qui oserait l'ouvrir_? Et l'on se relève comme chaque matin à l'heure où les yeux éclosent aux promesses du jour.


*
*_
_*


Les mots, des mouches, toujours à se cogner contre la vitre de la page. Ce qu'il en reste
_: traces, éclaboussures, taches. Combien d'entre eux parviendront-ils à traverser la vitre, briser la glace_? Combien d'entre eux encore en vie parmi ceux vus depuis l'autre côté_?