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samedi 29 juillet 2017

le monde entier dans la bouche


Je dirai quelque jour vos naissances latentes

 ══════════════    Arthur Rimbaud, Voyelles.






voyelles voies lactées 
à faire fondre les consonnes
sur la langue du plaisir

à réinventer le corps 
que façonne le chant pur 
d’un tremblement d’étoile 

à déshabiller les yeux 
écarquillés autour d’un son 

à psalmodier le cosmos 
qu’il ne s’en remette plus 





















_________________________




voyelles voies lactées 
verrous ouverts des contrevérités 

hallucinations oisives évadées 
oiseaux déployés par le vol 
pluies plurielles 

formules évasives retenues par cœur 
éclosion d’astres sécrétés 







oralité giratoire 
tours de passe-passe jubilatoires 

le monde entier dans la bouche 
à retourner le sens de chaque pensée 

articulations des dimensions 
multiplication des idées 



















à soutenir l’impossible 
à retenir son souffle 
à souffler le réel 
insufflé par omission 

à se rendre au secret 
où tout a pris naissance 
et rendre à la racine 
son évidence 






voyelles voies lactées 
localités vocales 
soubassement du temps 
épuisement des certitudes 

passage avide 
dépassé antérieur 
antre du souple 
du simple et du fluide 














 










voyelles voies lactées 
empreintes sur le corps 
à travers les parois opaques 
de l’invisibilité






peintures ► 
Helen Frankenthaler




 ►►►  Helen Frankenthaler in her studio
 photographed by Gordon Parks 
 for LIFE Magazine (1956)

mardi 26 juillet 2011

la volonté du paysage idéal



Esclaves, 
ne maudissons pas la vie.


. .A r t h u r . R i m b a u d , . M a t i n .. .
. 

. . . .P . . H . . O . . T . . O .  .  . . . : .  .  . . . V . . I . . N . . C . . E . . N . . T .  .  . . . L . . E .  .  . . . J . . A . . R . . D . . I . . N . . I . . E . .R. . . .



Décidément le rêve des plus belles femmes se poursuit à chaque stupeur et soulève la coupe obscure de la morale. Les plaies du monde englouti par l’innocence et sa curiosité rabrouent les catégories dévorantes et les bourrades mesquines. L’ultime récompense fantasme de petites stations surnaturelles avec des larmes de patience endormie. C’est là le feu de vos profondes particules poétiques.: parcelles de terre aux yeux de nuit.

mardi 5 avril 2011

… serpents en flammes

.

…À moi. L’histoire d’une de mes folies.
 
…Depuis longtemps je me vantais de posséder tous les paysages possibles, et trouvais dérisoires les célébrités de la peinture et de la poésie moderne.

…J’aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires.; la littérature démodée, latin d’église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l’enfance, opéras vieux, refrains niais, rythmes naïfs.

 
▬ Arthur Rimbaud, Délires II, Alchimie du verbe, Une saison en enfer. ▬
 



jeudi 13 janvier 2011

vous avez un message

.
Le Monde a soif d’amour : tu viendras l’apaiser.

Arthur Rimbaud, Soleil et Chair.




estompe l’estampille minérale et pille
les tempes chagrinées enivrées mauvaises graines
grille le graillon de la morte saison


tu luis

eux jeux

îles te nouent

ailes se vouent

toit émoi


dégrafe la paroi dégriffée la parure
un sein soupire
la cognée du tocsin taquine l’habitude
et l’entrebâille
débauche de mains aux remèdes équivoques

la visée des glyphes ne rate pas l’encoche
l’amour se déchiffre sans calcul
au temps des rendez-vous autobiographiques


ⓟ卄☼ⓣ☼ʂ ☛ Ⓥⓘɳ©ҽɳⓣ Ⓛҽ ʝᴬⓡÐⓘɳⓘҽⓡ

lundi 1 novembre 2010

aller coûte

.

Reprenons l’étude au bruit de l’œuvre dévorante
qui se rassemble et remonte dans les masses.


Arthur Rimbaud



écoute












p
〰e〰i〰n〰t〰u〰r〰e〰〰〰d〰e〰〰〰〰Caroline_✩_Hicks


cette parole qui s’étrangle
est-ce bien toi

et ce chien là qui aboie au loin
entre deux portes claquées
hors de leurs gonds
est-ce bien toi

est-ce bien toi cette rage sourde
cette fureur muette
cette impatience flétrie
l’oraison du plus fort

écoute

ce rugissement se soulevant
cette vague qui enfle
cette main tendue au néant
à ton anéantissement
ce sourire en coin
et cet œil qui se ferme
est-ce bien toi

écoute encore

cette pensée vrombissante
ce jugement péremptoire
ces arrêts répétés
ces admonestations
ces quolibets cette opinion
est-ce bien toi toujours

écoute écoute
ne parle pas écoute
et dors encore
rêve-toi écoute-toi
si tant est que tu y sois

et ce zéphyr
cette fragrance
la lumière douce
liquide
qui te parcourt ondule
ce calme plat
ce repos qui coule en toi
est-ce bien toi

et ces élans du chœur
ces allants de soie
la chaleur humaine
généreuse amoureuse
ce partage qui te départage
la détente qui te tente

va va écoute
reste là
si tant est que tu y sois

ces mots n’ont plus prise sur toi
puisqu’ils s’y sont nichés
en toi
et même si tu les lâches
ils te reviennent toujours
ils sont à toi
mais est-ce bien toi
qui les chéris qui les couves
ou qui sinon
sinon toi toujours toi
oui toujours
toi que l’on ne connaît pas