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lundi 11 avril 2011

monstre quotidien (duo d’orfèvres)



. lents matins corrompus qui éveillent leurs corps
. fourbus par l’importante érosion de l’aigreur
. je meurs destins moulus annoncez vos envies
. mais qu’éclose leur chair à l’aube en faim d’oubli
. inculque au fou les revendications du cœur
. survoltés vermisseaux qu’infante mon amour
. insistants soubresauts accordons l’œil déchu
. aux couleurs des pinsons allée du repentir
. mon asthme virulent court aux étais d’or fin
. et virevoltant foulard s’interrompt soluble
. ô vers de circonstance avoué pur orgueil
. ton dos nu de licorne a changé mon destin 




ιmΔɠҽς ╚► Lαmβdαλ  ○║○  тⓔ✖тⓔ ─❤➛.jβτ & ςτrΘfkα

 

dimanche 9 mai 2010

autodé(rision)

.


L’approche de l’absolu se signale par le rire.
  
Michel Tournier, Le Vent Paraclet.




 
il passe la porte d’entrée en montrant patte noire
on s’y méprend atout venant on le croit pris au piège

il ose pousser à bout la belle ignominie

pour la cueillir fleur entrevue sous un ciel démasqué

c’est un beau parleur séducteur sécateur
du secteur
de traverse en dehors des passages motorisés

on lui prête main-forte en voulant le ligoter

il joue à Houdini et le voici à vos côtés

il s’échappe par la plinthe et c’est la clef

il prêche la paix à poings serrés
sur les idiomes les idioties
et la guerre est une dent contre lui-même

qu’il a la sagesse de ne pas gâter

autour de lui les bouteilles pleuvent mais elles sont vides

retour à l’envoyeur offert en postérieur

il trébuche et l’on rit
ronce à muse de lui

il marche droit sur vous et c’est son ombre qu’on voit

et la sienne qu’on vit

il a l’outrecuidance de vous croire aussi bien que lui-même

c’est qu’il est un peu fou de ne pas vous prendre
au sérieux
qu’il n’est pas
du tout
quand il pleure comme un môme pris sur le fait

d’avoir sonné la larme qu’il vous avait volée

une fois les armes déposées
il est un clown triste de vous savoir cloué
rigolant encore de la supercherie
qui vous a fait croire qu’il est pire que vous
à manger du bon dieu tout en chiant du diable




vendredi 2 avril 2010

peau aime sire haut léger

.


À voix haute est un oiseau

Aux ailes d’encre sonore

Un oiseau cerf

Volant virage

L’î de l’île dérivé

Dans l’averse en promenade

Et sous les chapiteaux fanés

Le printemps pleure tout cru tout nu

Je suis restée seule à lui conter fleurette

Et à nous confluer

Un peu, beaucoup

À tout bout de champ par terre

Je me tue-tête à te rappeler

La piqûre de mes lèvres bon enfant

Au petit bonheur la chance

De t’avoir connu à bon port

Tu fus mon bon entendeur

Au chapeau claque perdu

Au rire migrateur

Sur les bouches motus

Lotus est ton rire de gorge

D’où sort la palombe si lasse

Des syllabes à bic

Pour se frayer un horizon d’âme

Pique et pique et collé gramme

Calligramme à mon chevet

Je me suis recollé un troisième œil

À tue-tête, à tâtons, à l’arrache

Pour déjouer l’ennui chat perché

Billes en tête, mes yeux de poupées

Ne m’auront pas suffi

Je les remets en jeu

À la roulette russe je vois au clair de sol

De mie, de toi de lalala

Un arbre, mon ami, me caresse l’épaule

Je légifère mon bonheur en vers et contre lui






lundi 29 mars 2010

masques et bergamasques

.
Il n’y a pas d’âge pour être vieux il suffit
D’un regard ou d’un geste qui se détourne et
Donne congé le silence est un puits sans fond

Jean Ristat




accélère la cadence un échange iso
celle qui a vue sur l’ancien monde se dé
montre-moi du regard où nous avons perdu
réponse atout patience brouille ses aiguilles

piste tes ardeurs et réplique à l’aventure
le vieux miroir tendu a perdu tout aplomb
on se vise à travers dans la conjugaison
celle qui a cru voir l’ancien monstre se dé

place offerte criée d’insubordination
masque à la volée au fond d’un puits de nuages
glace aux antipodes de la canicule eue

mais c’est un temps de chien qu’il nous faudra sortir
de la ronde éculée mécanisme grippé
laisse s’enfuir l’amour nous verrons qui nous sommes



dimanche 31 janvier 2010

TGVole

C'est une journée un peu frivole
Où les esprits se libèrent
Et les âmes volent.
Tibère dit
à Gargamone :

– Vois-tu, je suis
un concupiscent éphémère

Elle :
– En conne essence
de cause, je ris
de mes rides.

T : Elles sont éphémères,
mon éphéméride.

G : Avec toi, je me ris de tout, même
de la vie.

T et G : Partons
en vacance
de nous-mêmes,
quand bien même
ne serait-ce
qu'un instant.
Le temps de dire
je t'aime.



image : carte_ouch par Lambday •_☼ : ☼_+ texte : Valérie Gannon