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samedi 12 juin 2010

l’ange du larynx lynche la langue

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L A ...L A N G U E ...D E S ...S I G N E S



((((((( Second short film from David Lynch, The Alphabet, shot in 1968 )))))))




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S . . .A . . .C . . .C . . .A . . .G . . .E
S . . .A . . .C . . .C . . .A . . .G . . .E

.l’éclipse est totale aux prises avec l’appeau
.le cas est entendu jusqu’aux sources profondes
.l’aiguillon se fond dans l’estuaire du pouls
.l’appétit s’est blotti au creux du charme fou

.nous avons soulevé la prière des ogres
.pour l’accrocher aux cloches de l’éternité
.qui la concasseront en gravier dérisoire
.dans la gorge agonie d’une pute apprêtée

.mais l’approche d’un bras à travers la vitrine
.saisit le mannequin psittacisme cruel
.il boucle dans sa bouche une consternation

.puis l’éclat d’un pavé dans l’impavide avide
.réduit la faribole à du menu fretin
.à tout cœur trop frivole on coupera les mains

vendredi 11 juin 2010

la faim détend

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Le plaisir du gâteau de vie
Je n’ai goûté que sur sa lèvre.

Mowlânâ, Cet oiseau unique.






le point sur les idées consigne l’essentielle
elle est une perte de sang perlée de temps
à vue du germe émerge un renouvellement
puisqu’elle est un passage obligé par le ciel

son chant est nucléaire à grands coups de pinson
du désir animal elle en fait un poème
et l’atome a souri quand elle a vu l’an blême
en son cœur la douleur n’est que contrefaçon

et l’atome a souri quand elle a dévoré
la pelote de haine enroulée à l’orée
des aveux en bataille au sandwich à la merde

et la toile a régné à portée du geôlier
déliée folle alliée de l’enfant du joaillier
dégainée du passé de l’enceinte saperde




texte : Jean-Bernard Thomas
vidéo : Alexander Lehmann
musique : Selffish

dimanche 16 mai 2010

réacteur à sonnets

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À UNE RAISON EN ENFER



Colombine dénoue sa clavicule nue
et l’étire aux confins d’un vertige inégal
puisant dans son remords un appétit de vivre
qu’elle couve en la veine de sa langue bleue

y trama donna un apostolat bachique
tintamarre tonna et son apothéose
chaloupée aux éclairs d’une foi religieuse
se mit à claudiquer devant le bas fouillis

là son prestige s’incline au bord de l’aveu
c’est une main tendue ce volcan qui s’éteint
c’est une poutre folle ou l’épitre du ciel

l’apôtre tournoyant a usé sa salive
pour humecter l’épeautre le portrait craché
à la courte paille ils se le sont retiré

jeudi 13 mai 2010

amour croissant

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si j’ouvrais un seul pépin de ta folie douce
ce serait trop amer et craquant de muraille

les débris sur la langue sont des victuailles

on s’aiguise à l’éclat d’un regard qui fusille


si les cratères satellites s’égalisent

la grenade explosée ne pardonne plus chair

de ta peau à tes os c’est tout un continent

peuplé d’animaux complètement fous de toi


forniquant à tout-va dans tes replis intimes

la main de poésie est une sauvegarde

qui te maquillera de ses colifichets


droit au cœur que l’amour soit sur le bout des doigts

où des lèvres caprices soignent bien nos plans

à la claire fontaine j’ai noyé
Pierrot


Jean-Bernard Thomas



photo : Paper Moon mer sea à Marieaunet




Et l’idée s’est mirée en son vaste miroir
Aux replis célestes illusions et détours
Le départ imminent aux grands yeux éclairs
Galets, ricochets et dans le lointain
L’attente endormie dans sa plus belle robe
Brille comme un phare en bout de quai
Le bouquet en retard et rongé d’impatiences
Les jambes en fourmis entrent en gare
Le temps manège en surimpression
Soleil endurci comprimé du matin
Ding dang dong sonne sonne
Creux dans la paume du dimanche
L’amour aveugle aux matines
Se laisse picorer les yeux
Orage orbital électrise l’encéphale des lucioles
Catadioptres rivales des astres en dormance
La nuit côté fenêtre me fait de grands adieux
La mine cassante comme le regret qui sépare
Pierrot balançoire pleure dans le noir de son béret

Emmanuelle Masini


samedi 24 avril 2010

l’IL de la l’UNE

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(car il ne faut pas oublier que, tandis que nous racontons,
le temps progresse sans arrêt et poursuit son cours silencieux)

Thomas Mann, La Montagne magique.




emballage ménagé l’art est sa manière

à flux tendu sur un fil l’eau porte la croix
de l’horizon la clef verticale t’empale
épuise ton mystère à bout de nerfs portant

et puise en ton mystère un espoir de t’y voir
l’aronde des robes blanches chante l’Eva
Sion via Jérusalem a regagné l’Égypte
le chemin du retour fait une boucle en corps

Lilith s’est lavée pure à l’ombre d’un pommier
à la serpe la peau a dégagé l’instinct
a déballé l’amour s’en est allée la mue

carapatée la moue trop menée en bateau
c’était le jour des morts sur l’île de la lune
au cœur d’un fruit trop mûr elle a mangé la vie

lundi 29 mars 2010

masques et bergamasques

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Il n’y a pas d’âge pour être vieux il suffit
D’un regard ou d’un geste qui se détourne et
Donne congé le silence est un puits sans fond

Jean Ristat




accélère la cadence un échange iso
celle qui a vue sur l’ancien monde se dé
montre-moi du regard où nous avons perdu
réponse atout patience brouille ses aiguilles

piste tes ardeurs et réplique à l’aventure
le vieux miroir tendu a perdu tout aplomb
on se vise à travers dans la conjugaison
celle qui a cru voir l’ancien monstre se dé

place offerte criée d’insubordination
masque à la volée au fond d’un puits de nuages
glace aux antipodes de la canicule eue

mais c’est un temps de chien qu’il nous faudra sortir
de la ronde éculée mécanisme grippé
laisse s’enfuir l’amour nous verrons qui nous sommes



jeudi 25 mars 2010

l’hypothèse du continu

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et par-delà l’étendue dépliée en elle
l’inspire à son aise égal aimant l’aveu nu
du temps qui s’imprime en aile se déployant
embrasé au bûcher de son petit bonheur

ô Pâques ton passage est un chat effilé
volet de l’œil ouvert au sourire lunaire
le murmure du son s’achève en messe basse
au chevet d’un cheval j’ai démasqué le temps

et les pires mânes damnent l’espion du songe
par une allumette écarquillent les outrages
cernés de soufre douleur toute honte bue

nous avons communié par le grain et l’ivraie
et livrés aux mâchoires nous savons le goût
qu’aura pour nos beaux jours l’aura de nos atours

mardi 9 mars 2010

l’heure exacte

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la caresse du vent va agaçant tes che
vœux villes arrimées à tes clefs en chevrons
née de nulle part tu me reviens en visa
j’ai vue sur l’espace étendu de thèse à lit

tes rations tes ratures l’éclat de mon os
tentation primitive vers un avenir
établi en toi pour le meilleur de nous-mêmes
qui s’accroche à son cas s’écorche aux occasions

nous savons bien pourtant que nous avons bon dos
comme nous savonnons la douce inclination
qui nous mène à bon terme le tremplin nous pro

pulse art épouse décuple le couple nous
allons à contre-vent tout au devant de toutes
nos avances fixent l’heure du rendez-vous

mardi 2 mars 2010

décode-barre

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étreinte sarcophage ouvert par une anguille
nos fécondes façons oblitèrent le ciel
on se touche à foison retouchant l’essentiel
dégrisons le grisou la toison nous aiguille

c’est avec un tison que l’amour nous maquille
défrisons maquignons émasculons ce fiel
débusquons mascarade qui nous défie elle
est une moquerie chavirée par ma quille

la bite ne fait pas l’aumône elle a misé
tout sur toi amusée roulette devisée
roulotte musée où les œuvres prennent vie

et reprennent l’avis désaccord musagète
entonnant à l’envi la mer où l’on se jette
habitons le levier si le verbe est le vit

mardi 9 février 2010

délivrés de naissance


pour Emmanuelle M.



quand j’ai passé la main dans la bouche de l’ombre
un œuf en a éclos en forme de chanson
et l’oiseau impérial est tombé dans les pommes
quand les vers ont lavé son orgueil volatil

ils lui ont dit veux-tu revoir le vieux squelette
de ta face amovible aux rêves fous enfouis
je bercerai toujours le même arbre fidèle
répondit l’oiseau phare au pied d'une fontaine

elle attise les brindilles de mon enfance
chantant aux éclats leurs coquillages fossiles
car son sourire est un entrechat de ruelle

à portée de ses pas la porte ferme mal
il n’y a plus de porte à sa portée de voix
et si je l’aime c’est que je l’ai déjà vue