lundi 7 mars 2011

(:M:)estampe psychose en trois mouvements



  cri primal
de la pierre à fendre les vitres
coutures des cadres mal ajustés
ratures décalquées

le plan se déplace par petites touches fantômes 
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  une silhouette se dessine à contre-jour    ____________________




hybride 
esquisse 
de fouillis



champs se permutent prolifèrent s’épuisent


faisceau duel cristallisé
  〓
du sarcophage de
son cadavre cortical
l’issue 
donne
sève vie 
& chair



estampes : Bernard Remusat


dimanche 6 mars 2011

femme idéale

à toutes les femmes que j’ai connues et inconnues, à toutes les filles, à toutes les sœurs, à toutes les mères, à toutes les muses, qu’elles se souviennent toujours que les murs peuvent aussi avoir des ailes, et qu’il n’y a pas de journée de la femme qui tienne parce que la femme est une redécouverte quotidienne… à mon âme sœur Emmanuelle, omniprésente malgré tout (merci à toi)


vendredi 4 mars 2011

salive cérémoniale


 Longtemps muets, nous contemplâmes
Le ciel où s’éteignait le jour.
Que se passait-il dans nos âmes ?
Amour ! amour !
 
Victor Hugo, Les Contemplations. 



si la fourrure du tonnerre nous bénissait encore jusqu’à l’âme nous nous donnerions à nouveau et notre poitrine dévorante flamboierait et si nos bras se rappelaient tenir une impression profonde nous luirions dans les années d’une réalité révélatrice 


ayant monté nous vîmes des maisons sur traîneaux et aussitôt la honte inclinait les visages qui s’en rêvèrent vers leurs gorges et les jambes d’un tableau que nous gardions comme repas vinrent en même temps et nous fûmes peints par-dessus le courant tel un rideau de jour


la solution se porta silencieuse et sauva la chemise des grèves suppliées dans le dessin et tandis que toute pente descendue se ramassait une femme effraya son enfant en continuant ce qu’il avait sculpté


alors une image passa un coquillage de bouche sur sa robe et baigna l’idée suprême


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estampes : Bernard Remusat

⎿⏈⏈⏌

jeudi 3 mars 2011

la planète des tigres is a good rhyme for the heartbeat, too


c0c0nutzeCat dreams of turning into a jungle
of smoking volcano tiger flowers and Quetzal feathers



◀◀◀◀◀◀◀◀◀◀◀◀◀◀◀◀◀  WakingDreamart
 

mercredi 2 mars 2011

ivre sa vie



 
 cuirassée carapace de chair diagone
 

lance l’issue de son signe hors de l’attente
 

son envol respire
 

érode les angles morts


rouge terre irrigue la vie




elle souffre
elle s’ouvre
elle s’oeuvre
se montre béante
plaie pour plaire
léchée pour et par

 le soleil
il l’aime
 
elle n’a rien vu
il l’aime de plus belle
elle n’en croit plus rien 
elle souffre elle s’offre 
elle s’abandonne
elle se déploie la terre 

jusque dans ses yeux
jusque dans la bouche et les organes 

du soleil
elle s’y invite et s’y invente
elle s’y protège
elle nourrit son feu
arachnoïde fruit de ses dévorations
elle livre sa vie au disque solaire
ivre sa vie elle s’y confond
 
 

la terre et le soleil ne se font plus d’ombre
ils se mangent
décapsulent les convenances

les éventent les éventrent
en inventent de nouvelles
et restituent les vivres jalousement gardées
aux enfants des hommes qui avaient tellement peur
qu’ils en oubliaient de partager
passant leur temps à se le reprocher
de l’un à l’autre jusqu’en leur propre creux
╔ES═TA═MP═ES╝
╚═►.BERNARD REMUSAT.

mardi 1 mars 2011

fibre fébrile


Je viens d’apprendre par Nicole Diaz le décès de Sophie Béra (le 21 février). Toutes deux suivaient les ateliers d’écriture que j’animais l’année dernière à la bibliothèque Méjanes d’Aix-en-Provence pour le compte de l’association Cultures du Cœur — ironie du sort, Sophie Béra est morte d’un arrêt cardiaque. J’aimais beaucoup Sophie. Sous ses airs anxieux, elle cherchait toujours la lumière dans un monde qui lui paraissait souvent hostile (elle m’avait par exemple raconté qu’on lui avait volé son manteau alors qu’elle était hospitalisée). Elle y croyait, à cette lumière, elle savait qu’elle existait, qu’elle n’avait pas rêvé. Peut-être oubliait-elle parfois qu’elle la portait en elle.

Ou alors pensait-elle qu’on devait lui donner l’autorisation. En début d’atelier, elle avait souvent du mal à accepter mes consignes, comme si quelque chose en elle résistait, elle semblait ne pas vouloir comprendre. Alors je l’encourageais à faire ce que bon lui semblait, elle pouvait s’en inspirer, se les approprier, les contourner, les détourner. Et quelques dizaines de minutes plus tard elle me rendait plusieurs textes alors que les autres travaillaient encore sur le premier. Du coup, elle trouvait que ça n’allait pas assez vite.! Elle était vraiment charmante. Distinguée, mais aussi très angoissée. Ça se lisait sur son visage, entre ses lignes et ses bouffées de cigarette. Je crois qu’elle appréciait particulièrement les pauses durant lesquelles nous fumions. Elle avait besoin de se confier. Elle m’avait parlé de son fils, et je pense à lui, à tout ce qu’il n’a pas pu lui confier, à tout ce qu’elle lui confie maintenant. 

Il y a trois semaines, une personne que j’aime absolument mais dont je dois taire le nom (sans doute pour ça).* m’a fait passer un message de sa part.: Sophie lui avait demandé de me dire que la «.folie.» (le mot est d’elle) de mes ateliers lui manquait. Par cet hommage je la remercie de cette touchante attention. Elle était passionnée de théâtre, elle vient d’entrer en scène pour l’éternité.: la chenille était devenue chrysalide, la voici à présent imago. En pleine lumière. 

* Les choses changent si vite, ladite personne a décidé de s’exprimer justement à découvert (cf. commentaires).
 


La mort est un noir argenté qui pleure le deuil de sa veuve. La couleur de ses cheveux le rend lumineux tel un astre pâle, tellement émouvant de dignité et de retenue, malgré son chagrin. Il est à lui seul une leçon de vie. Soudain il me donne une impulsion.: ma vie change et je sautille sous l’emprise d’une adoration vitale.

╮╭
Sophie Béra
╯╰╯╰




Atelier d’écriture de la Planète des Signes à la bibliothèque Méjanes,
Aix-en-Provence, le 16 mars 2010, avec le concours de Cultures du Cœur.