mercredi 8 août 2018

sémiologie séminale

on

 a tous 

 en commun 
 notre 

 origine 
 alitée 


savoir que nous sommes le fruit d’un orgasme (au moins celui du père car pour la mère rien n’est sûr) nous interdit de vivre chiches


il nous faut vivre ivres de vie
(sinon ça n’est pas vivre mais renier son propre corps, revenir à la gêne, redevenir la peine de gènes contrariés)

            et vivre davantage
                que la routine

c’est-à-dire réinventer la vie


chaque instant vécu doit être le géniteur d’une nouvelle vie à vivre




l’origine alitée
qui nous définit génère 
une tension entre 
la station debout 
et le rêve allongé



nous devons donc dresser
nos rêves pour qu’ils
nous tiennent debout



l’orgasme    
tient du    miracle 
lorsqu’il est rare mais le miracle de tous   les jours est le seul orgasme qui tienne


nous tenons tellement à nos rêves qu’ils ont fini par nous tenir debout


 nous ne fécondons nos dons
 qu’en les tenant fondés





 l ’ o r i g i n e 
 a l i t é e 
 n o u s   a u r a 
 m i s   d e b o u t 



orgue / asthme : dans les tuyaux de l’oeuvre le râle se fait court jusqu’à ce qu’il se libère au point d’orgue de l’extase






il est temps 
de se divertir 

il est temps de se dévêtir
avant que n’advienne le temps où l’on s’emmitoufle dans des coutumes étroites qui se déchirent



il est temps
de se dire adieu pour
enfin se dire bonjour

___________________________________

 il est temps de déposer les armes 
 usées contre soi-même 

_____________________________________________________________________________

       i l   e s t   t e m p s
d ’ a v o i r   l e   t e m p s

________________________________________________________________________

 il est temps d’être 
le temps d’être le temps
d’avoir raison du temps




le temps nest plus

d’aucune raison

sinon celle

de le laisser aller


                                                                           
             ______________________________________                          __________________            

le temps n’est plus
 alors autant le perdre


le temps que l’on perd à se retrouver est un allié

le seul qui tienne


le temps perdu ne nous est plus aliéné
tandis que l’on retrouve notre origine alitée


on


 dépasse le


temps en le


secourant  



 l’ultime 

 secousse

 du temps perdu

 à la rescousse

 de l’instant 

 présent




l’orgasme
     
du temps
régénère celui 

de notre origine
alitée   




 il n’y a qu’un seul temps
celui de l’orgasme à l’origine
que nous incarnons encore
tout en étant témoins



témoins de souche

d’un tronc commun

nus sous l’orage

nous sommes l’orgasme

du temps perdu

dans son éternité





perpétués
par l’ambre
nos gestes graves
s’évadent
du marbre

et fondent
de nouveaux gestes
témoins
de notre temps
libre



 photos : Jacques Henri Lartigue