jeudi 19 novembre 2015

ascendant Helissen : pièces courbes, lisières trouées et pensées jointes

          

                                  Trouées, livre d’artiste avec Geneviève Guiguet.



Le poète Alain Helissen, qui dirige la collection «.Vents contraires.» chez VOIX éditions et coanime le cycle de rencontres poétiques «.Pontiffroy-Poésie.» à Metz, réalise régulièrement, parfois seul, souvent en collaboration avec des peintres, toutes sortes de livres d’artiste à tirage limité et numéroté, lesquels font l’objet d’e-mails proposant leur vente à des prix modiques. Poèmes et aphorismes cousus main, calligrammes, encres, gouaches, acryliques, matières, collages, partitions, répartitions, détournements de fond, ces courriers électroniques, discrets, modestes, inattendus, constituent au fil du temps de précieux rendez-vous, petites fenêtres indispensables sur un ailleurs beau et sensible, à l’occasion humoristique, toujours authentique, «.ascendance poésie.» ouvrant en nous de nouvelles perspectives par ce rappel à l’essentiel.: la joie de vivre, de rire, dêtre, daimer, de contempler, infinitifs conjugués à l’infini en de multiples présents par une simple présence, celle d’un poète qui se livre



                                 Pièces jointeslivre d’artiste.





                        

Pensées,

livre fait main.

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 Lisières, livre unique.
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livre d’artiste,
photos de
Françoise Bonnel.

  _________________  ___    Les ouvrages d’Alain Helissen sont répertoriés sur son blog alainhelissen.over-blog.com. Le contacter pour toute commande ou être informé par e-mail de ses prochaines parutions.alain.helissen@live.fr. 


mardi 17 novembre 2015

retenu par ailleurs (l’être en poste restant)



C’est cela au fond des corps — tous les corps —, cette première vibration qui a enroulé la vie dans des formes et des formes, qui s’est encroûtée, durcie, schématisée, mais on casse un peu ou on gratte un peu l’habitude, et c’est là. C’est là instantanément, c’est l’être de ce qui bouge, de ce qui dort, de ce qui mange et tue et oublie, oublie tellement ce qu’il est. En chaque chose, il y a cette Vibration lumineuse, dorée, impérative — qui est nécessairement toute-puissante.  
Alors nous avons la clef du nouveau corps, parce que c’est la clef de tous les corps jamais fabriqués sur cette planète. C’est la Matière première du monde, la vraie Matière. 
Une sorte d’onde très particulière.
Satprem, Mère — La Mutation de la Mort


Il ne fait pas bon être dinosaure en ces temps qui courent. Il ne fait pas bon courir en ces temps qui se précipitent à leur fin. Il ne fait pas bon mourir comme qui dirait courir et plutôt que pourrir sur place pourquoi ne pas perdre la face en plein vol comme coupé l’élan par le faux la faux la faucheuse et son cortège de pleureuses. Il ne fait pas bon vivre parmi ceux qui se meurent. Il ne fait pas bon être à temps à point nommé à corps perdu temps mort. Il ne fait décidément pas bon être dinosaure.

Encombré de vieux os fossiles ton squelette au cul de basse-fosse. Laisse-le donc là. Dépouille-toi de ta dépouille et rejoins-toi tel que tu te vois. Il ne fait pas bon être autre que tel que te voilà.

Te voilà donc nu. Délesté de chair de nerfs muscles et os en poussière quelques organes subsistent. Orgie de lumière en tes organes. Tu es l’organe de la lumière. C’est la lumière qui t’organise te recompose en d’autres gammes. Tu joues le jeu de cette lumière. Tu jouis le jour à déshabiller la nuit qui te compose. C’est la lumière qui te déjoue. Et tu t’y perds. Tu es l’orgasme de la lumière. Tu erres en d’autres gammes, tu ruses un peu encore, parfois t’amuses, souvent t’oublies. Tu t’y retrouves toujours mais tu ne sais pas qui. Ou quoi. Ça te dépasse. Ça te dépasse et ça t’appelle. Alors tu vas, tu te laisses là, tu t’abandonnes. Mais tu t’y retrouves toujours.




Le silence ne s’écrit pas. Il est une musique qui t’accompagne depuis toujours alors c’est toi qui l’accompagnes en lui prêtant l’oreille à te fermer les yeux. Tu es né du silence depuis toujours et pourtant tu l’entends. Depuis la nuit, avant même la nuit. C’est une musique qui te précède en te poussant à l’exécuter de la meilleure façon qui soit. En exécutant cette musique tu t’exécutes. Et c’est alors que tu réalises que cette musique — le silence — n’avait pas besoin de toi pour exister depuis toujours. Mais il t’a fallu réaliser cela, en passer par cette musique, pour te comprendre. Comprendre que tu étais compris par cette musique et dans cette musique pour embrasser le silence qui te comprend depuis toujours. Ta partition est vierge. Les mouvements du silence épousent des accords invisibles. Parfois, ils prennent forme. Une partition coïncide avec une autre partition. On les dirait identiques. Après le silence, avant le silence, elles fusionnent. De là naît une musique inédite. L’inconnu confine au sublime. Tu es tout à l’écoute. Et tu goûtes à un nouveau silence. Il n’y a plus de partition, plus aucune musique, l’idée de silence a tout bonnement disparu. Tu ouvres les yeux.

jeudi 17 septembre 2015

l’intranquille et qui est l’autre

 Ma promenade silencieuse est une conversation ininterrompue, 
 et nous tous, hommes, maisons, pierres, affiches et ciel, 
 sommes une grande foule amicale, nous coudoyant de mots 
 dans le vaste cortège du Destin. 
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╰╯╰╯╰╯╰ Fernando Pessoa, Le Livre de l’intranquillité de Bernardo Soares.
...


Va paraître pour le SALON DE LA REVUE de PARIS 10-11 OCTOBRE 
Espace des Blancs Manteaux - 48, rue Vieille-du-Temple - 75004 Paris

 "Pot des auteurs et des abonnés" le samedi 10 à 18 heures 


l’intranquille

revue de littérature n° automne/hiver 2015


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 s      o      m      m      a      i      r      e 



ROMAN TRADUIT 2e partie
José Vidal Valicourt ... LISBOA SONG traduit de l'espagnol par Gilles Couatarmanac'h

TRADUCTION : GERTRUDE STEIN
"Le Roi ou On ne sait quoi"... traduit de l'anglais et préfacé par Pierre Courtaud

POÈMES
Etienne Poiarez ... Soaz Sahli... Laure Escudier...Johan Grzelczyk... Jean Bernard Thomas... 

DOSSIER " PROVOCATION ? "
2 installations de Katerine Louineau...
TEXTES DE Julien Blaine... Cendres Lavy... Jean Esponde...Jean-Luc Coudray... Philippe Jaffeux... 
Erich Von Neff... Gabrielle Jarzynski...Laurent Grison
PHOTOS DE Wanda Mihuleac... 

DOSSIER LE SIJO CORÉEN
par Patrick Werstink 

UN ENTRETIEN AVEC MICHÈLE CHADEISSON, LIBRAIRE... 


DOMAINE CRITIQUE
HISTOIRE LITTÉRAIRE XIXe
L'épigraphe au début du romantisme par Carole Mesrobian... 


iconographie : Nosbé, Jean-Claude Biraben, Katerine Louineau, Cendres Lavy, Johan Grzelczyk, Wanda Mihuleac, Christelle Mas, Julien Delareux




La revue semestrielle l’intranquille est publiée par l’Atelier de l’agneau éditeur.
Elle relaie depuis octobre 2011 la revue Chroniques errantes et critiques.

© Atelier de l’agneau éditeur, 2015 
1, Moulin de la Couronne
F 33220 St-Quentin-de-Caplong

ISBN 978-2-930440-89-7 issn 2119-694X

ce numéro : 15 €

ABONNEZ-VOUS : 29 € les 2 numéros

vendredi 3 juillet 2015

miss you

tu me manques 
je te vois en rêve 
.
je te manque
tu me vois te manquer

tu manques de me voir
je vois que je te manque


je rêve de te voir


 tu me vois rêver


tu rêves que je te vois
je vois que tu rêves

je rêve que je te manque
tu vois que   
    je te vois

tu vois que je te rêve
je vois que tu me manques

mercredi 1 juillet 2015

in memoriam Charles Pasqua (1927-2015)

«_.Pourquoi Fatima a eu chaud,   mon ami.? Pourquoi  Fatima a eu chaud ? 
Pasqua z'ont failli l'expulser, mon ami, Pasqua z'ont failli l'expulser.



Pourquoi voulaient ils l'expulser, mon ami ? Pourquoi voulaient ils l'expulser ?
Pasqua l'avait pas les papiers, mon ami, Pasqua l'avait pas les papiers.

Pourquoi n'avait-elle pas les papiers, mon ami ? Pourquoi n'avait-elle pas les papiers ?
Pasqua on lui avait pas donné, mon ami, Pasqua on lui avait pas donné.

Pourquoi ne lui avait-on pas donné ses papiers, pourquoi ne lui avait-on pas donné ?
Pasqua le dossier il traînait mon ami, Pasqua le dossier il traînait.

Pourquoi ce dossier il traînait, mon ami ? Pourquoi ce dossier il traînait ?
Pasqua on voulait l'oublier mon ami, Pasqua on voulait l'oublier.

Pourquoi voulait-on l'oublier ce dossier, pourquoi voulait-on l'oublier ?
Pasqua Fatima les gonflait mon ami, Pasqua Fatima les gonflait.

Et pourquoi Fatima les gonflait, mon ami ? Pourquoi Fatima les gonflait ?
Pasqua l'avait manifesté mon ami, Pasqua l'avait manifesté.

Pourquoi l'avait manifesté, mon ami ? Pourquoi l'avait manifesté ?
Pasqua  Noura elle s'est fait expulser, mon ami, Pasqua Noura elle s'est fait expulser.

Pourquoi s'est-elle fait expulser, mon ami ? Pourquoi s'est-elle fait expulser ?

Pasqua l'avait pas les papiers, mon ami, Pasqua l'avait pas les papiers. »

(ad libitum)