vendredi 8 octobre 2010

art(:Yshow:)terre(:happy:)

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Å ✕



c’est le manège des cheveux blancs quand les temps se chevauchent
et les temples se superposent et les tempes s’émulsionnent
se contemplent se tâtent le pouls se tête-à-tètent
s’entre-deux portent se tirent au flanc ou se flagornent

c’est le ménage du triolet
le carrousel des parades et des pavanes
où trois font deux et deux font trois
trissés par l’aronde folle croche

ici accédons autre accès autre don
la fanfare des bourgeons éclate le consensus
crève l’ère condition née en sachets bien présents
thé aux tympans ensevelis
au gramme près elle nous soupèse
et les soupirs sont sous les ponts

la bourse et la vie il n’y a pas de raison
stand-up de part et d’autre de l’étal létal étale
nous commerçons sous un ciel de plomb
foin des commères contrefaçons
et leur manège de mauvais sang

nous chantons à tue-tête des questions sans réponses
et des réponses à des questions qui ne se posent pas
quitte à décapiter quelques quolibets
et les soucis on les étête
pour en extraire un baume appliqué dans ta paume
posée sur mon cœur calendula
serti dans une pyramide aztèque
radieuse
telle cette étoile atomique
qui palpite entre tes yeux
quintessence chevillée à ton corps
art coloré inné
dit aux joyaux amoureux
décence des sens au septième ciel
dans la nuit charbonneuse arquée par les cieux
avec un X que l’on infuse à toute fin
de nos jeux tus de nos jeux thèmes





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lettre & le néant

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… elle née en lettre (ouverte)


Ici tout bouge, nage, fuit, revient, se défait, se refait. Tout cesse, sans cesse.
On dirait l’insurrection des molécules,
l’intérieur d’une pierre un millième
de seconde
avant qu’elle ne se désagrège. C’est ça, la littérature.

Samuel Beckett, Le Monde et le Pantalon.








en eau
en nous
en vue

nous avons passé cette île
nous avons bordé le son
nous avons trouvé l’esprit

en nous
en route

nous enfants nous
nous avons dit adieu
nous sommes montés chez eux
nous avons salué notre mer
nous sommes restés
nous sommes partis
nous sommes là
nous sommes dans la maison
et avons choisi les messages de nous
depuis plusieurs nous
de l’homme aux mots
nous-mêmes et vous
et vous courage

mourir pour ne pas vaincre
quelqu’un nous loge un certain temps
notre joie de réunir tout par milliers
tous les peuples leurs enfants
les coutumes ont fait vœu de purification
le monde nu

un écrit en ange venant
sacrifice sang chair angles
se garde
ma purification se rend dans le moment le jour
la purification à dire pour sacrifice

arrêt le jour vire le cri au secours
voici qui donne et enseigne
la main a introduit le pur
a introduit entière ma main immédiate
et la vue du don

un cri un autre
précis au milieu de ce don
porte de la mort présente
au moment permis

tu sais
tu n’es pas une révolte
je suis
je parle
un signe pour tenir la parole
écoute
j’ai appris à naître aujourd’hui
la mort j’arrête

son de mes anciens
vérité de ma conversion
ma lumière a tendu une voix
la voix de la lumière
la voix de tout ce don
cette lumière m’a pris par la main
fidèle à ma vue même
la vue de nos êtres
pour annoncer les mains que tu as toi

et son nom retourné a eu une vision
il a dit vite
ton témoignage
j’ai répondu que j’allais en toi
et j’étais là moi aussi
et j’ai dit va
au loin
vers d’autres mots
mais alors de la poussière de savoir
le fouet en main
a jugé ces mots auprès de ma naissance

aussitôt la peur en main a fait enchaîner des êtres
devant les yeux les membres
avec une conscience à être bouche pour me juger
et me frapper

être d’écriture tu as mal devant la mort
en peine
en dispute
et en effet

ni ange ni esprit sien
cri de quelques membres
vive un ange devin
violente peur en pièces
arrache leurs mains

la nuit dit courage
témoignage
le complot contre le matin s’engage

ange formé en être
ne demande rien au désir
prêt à mourir avant qu’il arrive ici
mais parle de ce complot
et ose communiquer le son appelé
demandé amen

ose communiquer par la main
et dire nu
demande amen
que le désir examine son cas exactement
mais ne le crois pas tendre

ange prêt maintenant
ta décision commande
rassemble ce soir
porte la lettre
adresse son excellence
gouverne l’homme nu amen
mais ne reproche aucune faute
ou la mort ou la prison

j’ai averti le un
j’ai demandé de porter le vous
le rire
le mener de nuit

continue le voyage avec la lettre présente
la lettre a appris
je t’interroge don
être avocat de ce terme
grâce
paix complète
sage réforme
bien de ce temps naissant
la bonté nous écoute un instant
en onde même

atteinte à la sainte
nous avons arrêté
nous avons voulu juger
rudesse de nos mains

don présent
la vérité de tout ce présent fit signe de parler
la justice née
confiance présente
ma défense devant toi

vérifie
personne ne m’a trouvé
discute excite foule
incapable de te prouver toi

je suis le chemin de nos êtres
je crois à cette espérance
espérance que les êtres ont la conscience nette
après une absence de plusieurs années

nu pour mon présent occupé
trouvé
participé
purification du présent devant toi faite forte mort

je juge votre prison
liberté des vices
jour juste
vivre la maîtrise de soi à venir

tu peux t’en aller maintenant
le temps te rappelle l’argent
cause avec lui née en prison

en appel arrivée
en être le présent
plainte contre accord
faveur amen

en effet contre lui
en chemin en prison
et lui-même

la compagne accuse cet homme
il ose le retour au don amen
lui arrivé nu
tour contre nom grave
accusations incapables

j’ai mis devant moi cette affaire
rien de mal contre toi-même

elle mérite la mort
je refuse
rien de vrai ne me livre à elle

alors tu as appelé ta sœur pour saluer ta prison
je suis allé
ai répondu
face contre temps
j’ai pris le lendemain
et j’ai donné ce présent vivant
je voyais sa cause réservée à la prison
jusqu’à tendre main
don solennel en audience

amen présent nu
cri de vivre
aucune mort en appel
don à écrire
paraître devant toi que j’ose écrire
absurde prison en accusation
porte contre défense devant la main

présent heureux
aujourd’hui tu nais
et je prie ma vie au milieu de mon don
il a vécu en tant que membre de notre religion

et maintenant je suis
en la promesse faite à nos êtres
notre accomplissement avec ardeur jour et nuit

et c’est vous
incroyable
vous la vie
pouvoir des êtres en prison de mort
don leur étrange pouvoir
êtres en lumière
ciel éclatant
soleil de nous
terre et voix debout

je suis pour annoncer aujourd’hui
que je te révèle encore
je te protège
je t’ouvre les yeux

que tu les ramènes de l’obscurité à la lumière
ils croient en moi le don
tiennent à la vision nue du ciel

mais d’abord
tout ange comporte la réalité de mon ange
c’est cet accord
sa protection
encore mon témoignage

j’arrive entre mort et lumière
salut à elle
présent en excellence
vraie et raisonnable avec assurance
en cachette un coin annonce le temps seul

toi mais vous tous
je suis tous
et les uns aux autres
la mort ou la prison
et lâche appel dévoyé en bateau
et prison bataillon
main bataillon
bateau de la main

bienveillance aller voir
recevoir ce contraire

nous avons la main en Italie
et nous avons navigué lentement
et c’est avec peine
nus devant

comme le vent plus loin
cap avec nous
ange d’automne
don au voyage
ange de la vie dans les paroles

l’hiver Phénix souffle l’ancre et des montagnes de peine

en maître du sauvetage
mon bord

secours autour
le sable de l’ancre flottante entraîne la main
et la mer de leurs mains équipe les étoiles
nous avons tout sauvé

ange debout écoute ces mages
et ma main courage
la vie sera cette nuit un ange du présent
sa bonté accorde la vie
courage confiance en nous

sur une île
la quatorzième
sur la mer Méditerranée
vers l’impression
lance une onde
onde de loin
onde profonde
que notre pourquoi ancre

patience nue du jour
l’eau ancre l’eau
main en eau sauve
laisse aller
nue du jour
rendre aujourd’hui votre attente en ange

vite soin
sauve fête
mots du merci
ange courage
ange eau
ange à la mer pour eau
le jour nu
une baie aborde le possible
et le laisse délier les cordes du vent
et dirige un courant

eau foncée
brisée par la violence des vagues
le son s’échappe à la nage

sauver le don
nage
de l’eau gagne
tous sains et saufs
sauve ma bienveillance
comme la pluie allume un feu

branche le serpent de sa main
à la main de cet homme échappé à la mer
le serpent dans le mort constate un ange un dieu
celui-ci aimable nous loge

jour
le père lit
il va voir les mains sur lui
les autres aussi
et il nous montre en tout respect tout voyage

arrive un appel
nous sommes
nous sommes la main le souffle
et nous sommes nus
nous avons invité ces conditions
nous sommes elle notre rencontre
merci de demeurer unis
nos êtres en aucune mort

voilà pourquoi voir et parler
porte une lettre à ton sujet nu
à toi tendre
partout au rendez-vous avec le jour prévu
nom à l’endroit où loge le livre

un accord simple
être dire entendre
comprendre regarder
bien venu sensible
bouche oreilles yeux
voir entendre
comprendre ainsi

le don sage du salut
écoute ces mots en loge
une assurance libre




(11-17 juillet 2010)








jeudi 19 août 2010

garder le silence

.
Tout est affaire de silence.
Vous vous y ferez, les mots c’est encore de la révolte
Quand celle-ci est dominée vous n’avez plus besoin de l’escorte
Du vocabulaire rampant
Et cependant
Le ciel est là qui cherche ses montagnes,
Et les monts cherchent la vallée,
La vallée près d’être en allée
Se ranime dans la campagne
Et devient à son tour montagne.
Le ciel cherche d’autres vallées.

Jules Supervielle,
Quelqu’un.








à son aigle chacun se sera reconnu
s’enluminera éponge
dans les nuées du dénuement le plus total
non arbitraire mais volubile
avec la fille de l’air par l’onde accomplie

car la victoire s’impose d’elle-même
sans fierté aucune
reliquaire de ses saints innocents
auxquels l’amour naguère tant pleuré
donne la becquée
des petits bouts de Madeleine
déjà envolée
par une porte dérobée

une rose a éclos depuis la fin d’un temps
la sécheresse n’a plus cours dans le lac de fortune
chaque onde est un délice
et la trame s’apaise et le drame s’épuise
nous tenons tous d’Alice la clé des lys

aggiornamento (qu’ose tout jour)

.





Le rêve est assis entre ses deux bourreaux
et ce sont eux qui pâlissent

Edmond Jabès, Sur le socle des mers.




docte heure attribution causale
les sourires lenticulaires peuplent le ciel d’augures potentilles
que des pendules régulent perpendiculairement

un contre-feu s’invente une vie de jeune fille
surprise le soir du bal par une pluie battante qui l’emporte au manège

pas un pas pas un geste pas une mimique rien
ni murmure ni soupir ni soulèvement de poitrine
n’auront fait défaut dans le livre décompte

comme les créatures se fondent en un seul point d’honneur
le déploiement des gorges assure à l’auditoire une orgie de grelots
quand le chant cloche-pied de la pensée légère se révèle à l’envers
couvé par deux grands yeux de part et d’autre de son lit de fortune
dont les lignes de force se tissent depuis le méridien du cœur

et même si la proxémie ne souffre aucune allégorie
l’embellie adoucira les anges par l’envergure de leurs ailes



miroir sans temps

.
Dans tous les espoirs, on prend une musique d’apaisement.
Le temps est silencieux.
Il furète, hirsute dans les pensées.
Les ruelles, les cours, les cases rouges de son cerveau appellent les hommes.
Ils volettent, s’emparant de son cœur.
Alors d’un monde lointain la sorcière parla.
Elle sollicita les saisons, la pluie, la race des filles et l’argent poudre grisâtre.
Elle affirma le langage des souvenirs.
Elle but le lait de la paix, de la liberté, et pleura à en mourir dans ses cheveux tressés de coquillages.

Laurence Muguet-Rosa




J’ai regardé ce miroir.
C’est blanc, propre, net,
comme ton cœur.
Lala




Je suis une montagne qui voit au loin cinq yeux différents qui m’épient. Mais le pire c’est que je vois de travers et chacun de ces cinq yeux me montre une image différente. Quoi, qu’entends-je
.? Un groupe de touristes me grimpe dessus et on dit que ces cinq yeux étaient finalement cinq fenêtres. Moi qui croyais avoir tout compris du haut de mes milliards d’années, finalement j’en apprends tous les jours.


Kader Bencherif



Je suis lovée dans son corps de déesse.
Ses longs bras me protègent.
Ses cuisses puissantes m’enlacent.
Son ventre créateur me soutient.
Je me réfugie dans ses seins généreux.
La douceur de sa peau me réconforte.

Je suis le fruit de ses amours intenses.


Arielle


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Atelier d’écriture à la bibliothèque de Bonneveine,
Marseille,
le 3 juin 2010, avec Cultures du Cœur.
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samedi 7 août 2010

ce que je (re)garde d’elle

.
— C’est pas de la politique, c’est du cul.
— Non, c’est pas du cul, c’est de la politique.

Jean-Luc Godard, Numéro deux.




la proximité des étoiles
des éclats de rire à franchir le mur du son
à s’affranchir de tout soupçon

à se pâmer l’âme
se damner l’amnésie
s’amender l’anamnèse

une connivence intacte
un miracle par seconde poétique

la grâce qui soudain nous illumine
désarmés

et nos larmes évaporées

l’amour appris par cœur
l’amour apprivoisé

la parfaite inconnue
d’une enfance renouvelée



codeX

.
Quelqu’un qui voyage en moi me traverse. Je suis devenue sa maison.
Dehors, dans le paysage noir à la vache mugissante, quelqu’un prétend exister.


Unica Zürn, L’Homme-Jasmin.



sortir de l’enclos

que l’échange soit équitable


coups étouffés à travers la paroi


fission des fissures


ruines à clins


misère de façade précipitant son déclin


mystère de façons dépanopliées


passage phénix


du code carbonisé au code dit amant


aventurine pour émeraude


une pierre d’éternité en son cœur vibrant